Le plan exceptionnel portant sur l’évaluation pédagogique des élèves, au titre de l’année en cours qui se déroule sous protocole sanitaire, n’est pas du goût des organisations syndicalistes du secteur qui désapprouvent ce qu’elles considèrent comme «une évaluation anti-pédagogique».

Vendredi, le ministère a informé qu’«un ensemble d’éléments ont été adoptés, notamment le calcul de contrôle continu, afin d’assurer la crédibilité et l’objectivité en matière de notation», ajoutant que «la grille de notation de contrôle continu dépend de la discipline et de l’assiduité, ainsi que de l’activité de l’élève en classe, en sus du calcul des travaux pratiques accomplis par l’élève, de sa performance linguistique, de ses projets de recherche et son amour pour la lecture».
Par ailleurs, «les moyennes semestrielles et annuelles seront calculées par l’addition des points de contrôle continu, des devoirs et des examens trimestriels», a expliqué la tutelle. Mais pour les syndicats, le plan d’évaluation en question est «en défaveur des élèves» en raison de la surcharge du programme scolaire qui pèse doublement sur les apprenants qui n’arrivent pas à assimiler ce qui leur est dispensé et les enseignants qui se trouvent dans l’obligation de terminer le programme scolaire à temps et avec un volume horaire réduit. L’équilibre entre la densité du programme et du volume horaire n’est pas encore atteint, soutiennent les syndicats du secteur.
Le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), Boualem Amoura, qualifie «d’anti-pédagogique» le plan d’évaluation arrêté par la tutelle. «C’est un plan qui spolie l’élève de son droit d’être évalué tous les deux mois», a ajouté le même syndicaliste en parlant des devoirs réduits à un seul au lieu de deux. Le syndicaliste reproche à la tutelle de faire cavalier seul dans tous les dossiers et de ne pas associer le partenaire social dans les questions liées à l’organisation de l’année scolaire. Pour ces raisons, «on ne pourrait avoir une bonne qualité d’enseignement dans cette année pédagogique exceptionnelle», clame notre interlocuteur qui estime que l’enseignant «n’a pas assez de temps» pour transmettre l’information et que l’instituteur passe son temps à «rabâcher le même cours aux élèves sans utilité aucune.» Le porte-parole de la coordination des enseignants contractuels, Mustapha Kassad, estime, pour sa part, que le nouveau plan d’évaluation «n’arrangera pas les élèves» en matière de notation. Il rappelle que la meilleure méthode pédagogique est celle qui fait appel à une participation active des élèves. Mais en cette période de crise sanitaire, les enseignants peinent à suivre le programme avec un volume horaire spécial marqué par une situation de crise sanitaire. «Nous avons un programme surchargé, un volume horaire réduit pour chaque séance, on subit doublement avec nos élèves les conséquences de la propagation de coronavirus», dit M. Kassad, qui appelle à l’ouverture de postes pédagogiques pour le recrutement d’enseignants.
«Le volume horaire décidé est incompatible avec la densité et la lourdeur du programme», insiste le porte-parole de la coordination des enseignants contractuels. Dans le même ordre d’idée, le président du Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep), Abdelkrim Gaïd, pense que les établissements d’enseignement, notamment, ceux du cycle primaire, devraient cesser le «bourrage de crâne» des élèves et de stimuler leur intelligence au lieu de les obliger à réciter des cours sans compréhension.
Ce dernier indique que son syndicat a proposé à la tutelle, à la veille de la rentrée scolaire, de se focaliser et de se contenter de l’enseignement des matières essentielles et d’examiner les élèves dans ses matières, regrettant qu’ aucune suite n’a été donnée à cette revendication. Pour lui, les élèves du cycle primaire devraient être «dispensés» des examens sauf ceux des classes finales, notant qu’après «une longue rupture avec l’école, il n’est pas mal, si l’élève arrive à se remettre dans le bain de la scolarité». «Nous avons un problème de surcharge du programme scolaire qui pèse sur les élèves», préconisant ainsi «un allégement pour que la scolarité devient un plaisir pour l’enfant et non un supplice». n