Les cinq ateliers constitués pour faire le bilan de l’accord d’association, qu’a conclu l’Algérie avec l’Union Européenne et la Zone arabe de libre-échange (Zala), ont débouché sur des recommandations transmises au Premier ministère. C’est ce qu’a révélé le ministre délégué chargé du Commerce extérieur Aïssa Bekka, lors de son passage hier au Forum du quotidien El Moudjahid. Pour le ministre, ces recommandations qui sont le fruit d’une très large concertation entre toutes les parties prenantes «vont permettre de savoir où le bât blesse et de revoir quelques clauses qui se sont avérées en notre défaveur», a-t-il expliqué. Soulignant dans ce sens que certaines clauses de l’accord se sont avérées difficiles à appliquer et «quand elles l’ont été, cela était en notre défaveur», a-t-il déploré. Cependant, le ministre délégué a reconnu que les pertes qu’a enregistrées le pays dans le cadre de l’accord d’association avec UE «sont dues, d’une part, à la mauvaise application dudit accord et en raison, d’autre part, de nos faibles niveaux d’exportation vers l’UE». Sur ce dernier point, l’invité du Forum a rappelé à l’auditoire que le gouvernement vise à travers son plan «une hausse des exportations hors hydrocarbures». Mais pour ce faire, «il faudra que le pays connaisse un élan dans les investissements, notamment dans les secteurs où le pays dispose de potentialités avérées en termes d’exportation, selon le ministre, s’il veut faire décoller les exportations hors hydrocarbures, faisant savoir au passage que celles-ci n’arrivent toujours à atteindre la barre des 3 milliards de dollars par an. «Elles se sont élevées à hauteur des 2,58 milliards de dollars en 2019, alors que les importations ont grimpé», a-t-il précisé. Autrement dit, selon Aïssa Bekkaï, la balance commerciale du pays a connu un déficit de 6,11 milliards de dollars en 2019, contre un déficit de 4,53 milliards de dollars en 2018, en hausse annuelle de 34,81%. Dans ce contexte, le ministre délégué considère que le pays gagnerait à booster ses exportations hors hydrocarbure car le pays est de plus en plus dans l’incapacité d’assurer le financement élevé des importations du pays.
Interrogé si la liste des produits interdits d’importation allait s’allonger, l’invité du forum a répondu que pour l’heure, la liste ne va pas connaître de changement et la taxe additive sur la protection des produits locaux (TAPS) sera maintenue. Il a néanmoins révélé que «le recours à l’importation se fera dorénavant en fonction seulement des besoins du pays». Sur la question d’un confrère relative à la pratique de la surfacturation de marchandises, le ministre s’est contenté d’indiquer que «les ateliers (cités plus haut) se sont penchés sur le phénomène». Autre question posée au ministre, celle de savoir comment le gouvernement, dans le cadre de son plan d’action, comptait booster les exportations hors hydrocarbures alors que jusqu’ici, tout l’arsenal de mesures entreprises ces dernières années s’est traduit par des résultats qui se réduisait en peau de chagrin. M. Bekkai a répondu : «Nous allons opérer un changement à travers la Stratégie nationale d’exportation (SNE)» qui s’inspire des engagements du Président de la République Abdelmadjid Tebboune. Une stratégie qui, selon ce dernier, repose sur l’identification des secteurs. «Ce travail d’identification sera effectué par des ateliers techniques initiés par le ministère du Commerce» a-t-il expliqué. Et d’ajouter dans ce sens : «Les secteurs choisis seront ceux où la production est excédentaire par rapport à la demande locale et dont la qualité rend facile à gagner des parts de marché à l’export, comme c’est le cas dans l’agriculture et dans la pharmacie.» Le but recherché à travers cette initiative «est d’obtenir des résultats concrets avant la fin de cette année», a conclu le ministre délégué.<