Par Khaled Remouche
Le Fonds monétaire international (FMI) constate une reprise de l’économie en 2021. Cette institution considère, cependant, que les marges du gouvernement se sont considérablement réduites et que la croissance à moyen terme risque de s’essouffler à cause de l’essoufflement probable de la production d’hydrocarbures.
La mission du Fonds monétaire international (FMI), qui a mené des consultations du 13 septembre au 3 octobre derniers, dans le cadre de l’article IV, de manière virtuelle et qui s’est entretenue précisément à distance, principalement avec les ministres des Finances, de l’Energie et des Mines, du Commerce, du Travail, de la Solidarité et les représentants du patronat, a recommandé au gouvernement l’arrêt du financement monétaire de l’économie par la Banque centrale, c’est-à-dire l’utilisation de la planche à billets.
«Le financement monétaire de l’économie devrait être interdit afin d’endiguer l’inflation et l’épuisement rapide des réserves de change». Une recommandation au gouvernement, faisant partie de la synthèse de l’évaluation sur la situation économique du pays dans le cadre de l’article IV, rapportée par Geneviève Verdier, chef de mission du FMI en Algérie et membre de cette mission, dans son introduction à la conférence de presse, organisée hier. Le financement non conventionnel, ou planche à billets, avait été utilisé par le gouvernement, rappelons-le, au courant de l’année 2021. La mission s’est félicitée de la reprise de l’économie nationale et des mesures prises par l’Exécutif pour endiguer la pandémie Covid-19 mais a exprimé ses inquiétudes sur la pérennité de cette croissance à moyen terme. «La croissance devrait s’essouffler à moyen terme du fait de l’érosion probable de la production d’hydrocarbures due à la réduction des projets d’investissements en 2020 et des politiques actuelles qui limitent le crédit au secteur privé».
Dans son diagnostic, la mission considère que les marges de manoeuvre du gouvernement se sont considérablement réduites. «La pandémie a encore mis en évidence les facteurs de vulnérabilité de l’économie algérienne en raison de déséquilibres macro économiques de longue date, les décideurs disposent de marges de manœuvre considérablement réduites. Les politiques budgétaires expansionnistes menées depuis plusieurs années ont contribué à porter les déséquilibres budgétaires et extérieurs à des niveaux élevés malgré une politique de compression des importations et ont entraîné de vastes besoins de financement qui ont été dans une large mesure satisfaits par la Banque centrale.