Les prix du gaz en Europe, déjà élevés face à des approvisionnements russes réduits cet été, ont atteint de nouveaux records hier lundi à la suite de la décision de Gazprom de ne faire transiter que très peu de gaz supplémentaire par l’Ukraine.

Selon les agences russes, le prix du gaz en Europe a atteint son maximum historique, dépassant la barre des 585 dollars par mètre cube juste après la décision de la Russie de n’acquérir que 4% de la capacité de transit de gaz supplémentaire proposée par l’Ukraine pour septembre. Cela alors que les prix du gaz naturel en Europe atteignaient déjà des records face à une demande accrue et à un niveau de stockage plus faible que d’ordinaire, provoquant des inquiétudes pour l’hiver à venir. Dans le cadre du contrat actuel, Gazprom doit assurer le transit de 40 milliards de mètres cubes annuels via l’Ukraine. Gazprom achète ensuite des capacités supplémentaires, si nécessaire. Habituellement, la Russie achète une quantité importante de capacité de transit en plus, lorsque ses gazoducs contournant l’Ukraine pompent du gaz vers l’Europe à plein régime. Mais un des principaux gazoducs russes ralliant l’Allemagne, le Yamal-Europe, ne fonctionne actuellement qu’à capacité très réduite après un incendie dans une usine de traitement de gaz, début août. Lundi, au point d’arrivée à Mallnow, moins de la moitié du volume arrivait par rapport à avant l’incident. Dans des commentaires transmis à l’AFP, le fournisseur d’informations Platts a indiqué que les prix du gaz en Europe sont dus notamment à une demande accrue après un hiver froid et une baisse d’autres sources d’approvisionnement. «La Russie est désormais le seul pays qui pourrait avoir une production excédentaire, mais pour augmenter ses exportations, elle devrait réserver des capacités supplémentaires via l’Ukraine», indiquent-ils. «Une baisse des flux à Mallnow a réduit les importations russes de 30-45 mcm/j depuis le 31 juillet. Bien qu’historiquement les livraisons de Gazprom aient été fiables et que les problèmes aient été résolus rapidement et que nous prévoyons que les flux reviendront au-dessus de 80 mcm/j plus tard ce mois-ci, l’évolution stratégique de Gazprom pour se concentrer sur la valeur par rapport au volume en 2020-2021 pourrait mener à des flux inférieurs plus longtemps», ajoute Platts. Certains observateurs accusent Moscou de faire monter la pression et de rester sourd aux demandes européennes d’augmenter les livraisons en attendant la mise en service du gazoduc controversé Nord Stream 2. (AFP)