Du fond du trou au sommet, l’Italie a fait du chemin pour signer une impressionnante renaissance. Non qualifiée à la Coupe du Monde 2018 en Russie, la Squadra Azzurra est parvenue à reconquérir l’Europe en remportant l’EURO-2020 dimanche contre l’Angleterre (1-1/3 t.a.b 2). Retour sur un sacre construit d’abnégation et de grinta.

Par Mohamed Touileb
La série est impressionnante : 34 rencontres sans défaite et un record absolu d’invincibilité, que co-détiennent le Brésil et l’Espagne, qui n’est qu’à une longueur désormais. La « Nazionale » présentait déjà des atouts pour aller au bout du 16e Championnat d’Europe de football. Mais pour cela, il fallait batailler pour être présent lors du banquet final à Wembley (Londres/Angleterre).

La consécration née d’une grosse désillusion
Rome – Londres – Munich – Londres, le déroulement du tournoi dans 11 pays différents a présenté un sacré périple pour certains prétendants. Toutefois, ce sont les deux sélections qui ont le moins voyagé qui ont pu animer l’explication ultime dans l’antre londonien.
Les « Three Lions » ont même eu le privilège de se produire dans leur pays lors des 7 rencontres de l’épreuve.
A partir de là, les « Azzurri » devaient conquérir une terre hostile. Un fait improbable quand on repense à ce désastreux 13 novembre 2017 lorsque les camarades de Giorgio Chiellini se sont retrouvés éliminés de la course au Mondial russe par la Suède. Après cette désillusion, il y a eu l’arrivée de Roberto Mancini qui a su reconstruire la sélection et l’aider à retrouver ses qualités d’antan. « C’est incroyable, quand je repense à là où on a commencé… Quand on est au fond du trou, on voit comment les grands hommes retrouvent des forces », rappelle le défenseur Leonardo Bonucci, auteur du but d’égalisation face aux Anglais.
Sous les ordres de Mancini, l’équipe 4 fois championne du monde s’est produite à 36 reprises avec une invincibilité qui dure depuis 34 rencontres. Le dernier revers des camarades de Lorenzo Insigne remonte au 10 septembre 2018 quand le Portugal les avait battus dans l’UEFA Nations League. Depuis ce jour, les premiers signes de domination ont commencé à se manifester.

Retrouver le Mondial pour réparer l’anomalie
L’EURO s’imposait comme un sacré test pour les Transalpins. Un examen qu’ils ont passé avec brio. Pour commencer, il y a eu le carton plein en phase de poules contre la Turquie (3-0), la Suisse (3-0) et le Pays de Galles (1-0). Lors de la phase à élimination directe, l’Autriche (2-1 a.p), la Belgique (2-1) puis l’Espagne (1-1, victoire aux tirs au but) ont été évincées avant de passer, une nouvelle fois, par la roulette russe pour remporter le trophée et succéder au Portugal.
Concernant la campagne continentale, le sélectionneur reconnaîtra qu’« il n’y avait pas de match facile sur notre chemin, la finale telle qu’elle se déroulait est devenue très difficile et puis nous l’avons dominée.
Sur les penalties il faut aussi avoir de la chance et je suis désolé pour les Anglais. L’équipe a beaucoup grandi et je pense qu’elle peut encore s’améliorer, c’était très fatiguant mais nous sommes très heureux pour les Italiens. » Désormais, il faudra renouer avec la CDM et l’édition 2022 qui se tiendra au Qatar. Tout indique que Jorginho & cie auront le costume de favoris. Et c’est loin d’être une pression puisqu’on a pu s’apercevoir qu’être attendu ne dérange pas l’Italie.