Le Portugal a subi une désillusion avec défaite lourde et logique face à l’Allemagne (4-2) samedi à Munich. Le tenant du titre a affiché des limites collectives inquiétantes contre la Mannschaft. Mais il n’a pas le temps de gamberger. Les Portugais sont déjà à l’heure de la remobilisation pour un rendez-vous décisif avec la France mercredi.
« C’est une victoire juste de l’Allemagne, notre collectif s’est manqué. » Fernando Santos n’a pas cherché d’excuses. Impuissant, le sélectionneur portugais a assisté au naufrage de son équipe, submergée par une Allemagne retrouvée samedi à Munich (4-2). « C’est un résultat que nous ne voulions pas, nous sommes venus ici pour tenter de gagner le match, nous savions que l’Allemagne était une grande équipe qui aimait contrôler le match et parfois nous n’avons pas réussi à contrarier cette suprématie », a déploré le milieu portugais João Moutinho.

FAILLITE GLOBALE
Le Portugal pensait certainement avoir fait le plus dur en ouvrant le score sur un contre éclair conclu par Cristiano Ronaldo. Mais derrière, il n’a jamais su afficher cette solidité qui fait tant sa force habituellement. Sa défense a volé en éclat en Bavière. Au grand dam de Santos, dont le plan de jeu n’a pas fonctionné. «Leur latéral gauche (Robin Gosens, NDLR) a mis deux buts (un en réalité, NDLR) et fait une passe décisive alors que nous savions à quoi nous attendre, a pesté le sélectionneur portugais. A partir de là, l’équipe a fini par ne plus se retrouver et à descendre sur le terrain.»
Ce n’était vraiment pas le jour des Portugais. Ils ont d’ailleurs inscrit deux buts contre leur camp qui ont largement facilité la tâche de l’Allemagne pour renverser une situation mal engagée en première période. Mais la faillite est globale. Elle a touché tous les secteurs de jeu, en particulier le milieu de terrain. « Je pense que nous ne sommes pas parvenus à conditionner la tactique des Allemands avec beaucoup de joueurs au milieu, ce qui a permis de jouer dans notre moitié de terrain et marquer les buts qu’ils ont réussi à marquer », a ainsi souligné Danilo, le milieu du PSG.

PAS LE DROIT À L’ERREUR
L’heure est désormais à la remise en question. Mais le Portugal n’en a pas vraiment le temps. Cette défaite a largement compliqué sa situation dans la course à la qualification pour les huitièmes de finale. Désormais troisièmes du groupe F, à une longueur de la France et devancés à la différence particulière par les Allemands, les Portugais savent déjà qu’ils n’auront pas le droit de reproduire les mêmes erreurs mercredi face aux Bleus, à Budapest. Où une défaite pourrait, sous certaines conditions, condamner le tenant du titre à une sortie de route dès le premier tour.
Le Portugal est bien conscient de sa situation. Il doit impérativement mettre cette claque derrière lui et retrouver ses esprits pour tenir tête aux Bleus dans un remake de la finale du dernier Euro. «On va devoir se concentrer sur ce match et ce qu’on doit faire maintenant, c’est se vider la tête, a résumé Santos. Car nous avons un match très important face à la France.» Une équipe contre laquelle elle n’a pas gagné, ni inscrit le moindre but, lors de leurs deux dernières confrontations en Ligue des Nations (0-0, puis 0-1).
Le champion d’Europe en titre comptera plus que jamais sur Cristiano Ronaldo pour aller chercher une victoire face aux Bleus. CR7, déjà auteur d’un doublé face à la Hongrie (3-0), a rejoint Patrick Schick en tête du classement des buteurs de l’Euro après avoir également trouvé les filets face à l’Allemagne. Il s’est fait discret devant les micros à Munich. Pour mieux frapper à Budapest ? C’est tout ce que le Portugal espère. Car un succès contre les champions du monde serait le seul moyen d’effacer la désillusion munichoise. n