La décision du gouvernement français d’augmenter les frais de scolarité dans les universités françaises pour les étudiants étrangers non-européens risque de ne pas être appliquée de manière systématique. Le journal Le Figaro, dans sa dernière livraison, lève le voile sur cette question, indiquant que des universités ont prévu de ne pas l’appliquée. Une bonne nouvelle pour les étudiants algériens ! Plusieurs universités françaises ont, en effet, exprimé leur refus d’augmenter fortement les frais d’inscription pour les étudiants non-européens, a annoncé le quotidien français.

La décision d’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants extra-européens, qui ne cesse de susciter une vive polémique au sein du monde universitaire de l’Hexagone, ne sera pas appliquée dans les universités de Clermont, Auvergne, Aix-Marseille et Lyon 2, a précisé le journal. En refusant de mettre en application cette mesure, elles vont à l’encontre de l’objectif voulu par le gouvernement. Les universités qui s’y opposent disent qu’elles sont en train d’exercer un droit de refus dans la légalité, invoquant un décret de 2013 qui permet à chaque université de décider de l’application ou non de cette mesure.
Ce décret stipule qu’après application de critères généraux fixés par le conseil d’administration, chaque établissement a le droit d’exonérer de frais d’inscriptions certains de ses étudiants, dans la limite de 10 % du total des inscrits à l’université.
La publication a fait témoigner les responsables de certaines d’entre elles.
Ainsi, l’université Aix-Marseille a expliqué que «nos communautés étudiantes et enseignantes se sont fortement émues de cette hausse des frais d’inscription à l’université», et avoir «donc voté à l’unanimité des membres du conseil d’administration un texte qui refuse une telle augmentation pour l’année 2019-2020». Tout est clair. «Aix-Marseille Université considère que la question de l’évolution du montant des droits d’inscription des étudiants internationaux extra-communautaires nécessite une large concertation», et que celle-ci n’ayant pas eu lieu, il apparaît aujourd’hui que les conditions de mise en œuvre de ce nouveau dispositif ne sont pas réunies.
De son côté, le président de l’université Clermont-Ferrand, Mathias Bernard, a indiqué : «Nous changerons peut-être d’avis l’an prochain, mais là, c’est précipité, on n’a même pas été consultés.
La mise en œuvre d’une telle mesure doit se faire en analysant les impacts selon les différentes formations et l’origine des étudiants.» L’université de Lyon a expliqué, mardi dernier dans un communiqué, qu’une telle mesure remet en cause le principe d’une université française ouverte à tous ainsi que la stratégie internationale de la France en matière d’accueil des étudiants étrangers. Le gouvernement français avait justifié ces mesures par sa volonté «d’améliorer» l’accueil des étudiants étrangers en France, mais la plupart des acteurs du monde universitaire regrettent de n’avoir pas été concertés sur la question.
La décision du gouvernement français d’augmenter les frais de scolarité dans les universités françaises pour les étudiants étrangers non-européens va en réalité alourdir davantage la facture pour les étudiants algériens qui veulent poursuivre leurs études en France.
Il est question qu’à partir de la rentrée 2019, ils devront s’acquitter de 2 770 euros (contre 170 euros actuellement) en licence, et 3 770 euros en master et doctorat (au lieu de 243 euros et 380 euros). Ces hausses importantes s’ajouteront aux dépenses déjà conséquentes que doit faire un étudiant algérien pour poursuivre un cursus en France.