Le temps passe, les salaires stagnent (ou diminuent) et les prix des produits alimentaires ne cessent d’augmenter. Ceux qui ne ressentent pas cette flambée ne peuvent être que les nantis et les rentiers. Sinon, les autres, tous les autres, se retrouvent à subir cette anarchie des marchés qui ne respecte aucune loi commerciale. La réunion du gouvernement de samedi dernier est venue le confirmer. En mettant au menu l’examen d’un projet de décret exécutif concernant l’huile et le sucre, l’Exécutif avoue quelque part qu’il y a un véritable problème pour ces deux aliments. Un « aveu » qui vient après le constat fait, malgré elles, par les familles algériennes. Ces dernières souffrent depuis longtemps déjà de la flambée des prix de plusieurs produits alimentaires et, ces dernières semaines, la situation est devenue de plus en plus insoutenable.
Après la pénurie de pain le mois dernier, la liste n’a cessé de s’allonger. Pour acheter du poulet, des légumes ou des fruits, il faut être très regardant sur la quantité, en réfléchissant à chaque fois en termes de nécessité. La crise économique qui dure, et le bout du tunnel étant loin d’être visible, est devenue insupportable. Pas uniquement pour les chômeurs mais, également, pour les salariés qui ont beaucoup de mal à boucler leurs fins de mois.
Les Algériens subissent ainsi le quotidien sur plusieurs fronts.
D’où la logique de la posture dans laquelle ils se voient, impuissants et délaissés. Le ras-le-bol est ressenti par tout le monde et n’arrête pas de prendre de l’ampleur. Même ceux, et ils sont très peu nombreux (le taux de participation en est le meilleur indicateur), qui ont « cru » en un quelconque apport des dernières élections législatives se font de plus en plus petits. Les députés sortis des urnes n’ont, à ce jour, rien apporté au paysage algérien. Quasiment aucun citoyen ne se sent représenté par eux et encore moins défendu.
La rentrée scolaire, prévue le 21 de ce mois, va sans aucun doute exacerber les tensions. Sur ce point, il n’y a aucun doute. Reste à savoir comment va être géré le début de cette « période ».