Les Etats-Unis ont annoncé hier lundi leur intention de «s’impliquer» à nouveau dans le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, marquant la rupture avec une administration Trump qui en avait claqué la porte en 2018 en l’accusant d’hypocrisie particulièrement à l’égard d’Israël.

Par Nina LARSON
«Le président a donné instruction au département d’Etat de s’impliquer immédiatement et avec force» dans le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, a déclaré dans un communiqué le chef de la diplomatie américaine, Anthony Blinken. «Nous savons que le Conseil des droits de l’homme est un organe plein de défauts, qui a besoin de réformer son programme, ses membres, et ses priorités, y compris l’attention disproportionnée qu’il porte à Israel», a souligné M. Blinken. «Pour être en mesure de s’attaquer aux insuffisances du Conseil et s’assurer qu’il remplit son mandat, les Etats-Unis doivent être présents à la table et faire usage de tout le poids de notre rôle de fer de lance en matière de diplomatie», a souligné M. Blinken, marquant ainsi la rupture avec une administration Trump qui avait choisi plus souvent qu’à son tour la politique de la chaise vide. «Nous le faisons parce que nous savons que le moyen le plus efficace de réformer et d’améliorer le Conseil est de travailler avec lui sur le plan des principes», avait expliqué plus tôt le chargé d’affaires américain Mark Cassayre, dans un message préenregistré diffusé lors d’une réunion du Conseil par visioconférence. «Quand il fonctionne comme il se doit, le Conseil des droits de l’homme met en exergue les pays qui ont le pire bilan en matière des droits de l’homme et il peut être un forum important pour ceux qui combattent l’injustice et la tyrannie», a encore souligné M. Blinken. Les Etats-Unis vont donc recommencer à jouer leur rôle avec leur statut d’observateur «et aura l’opportunité dans ce rôle de s’adresser au conseil, de participer à des négociations et de s’allier à d’autres pour introduire des résolutions», a précisé le chef de la diplomatie. «Nous sommes totalement convaincus que quand les Etats-Unis s’impliquent de manière constructive dans les travaux du conseil, avec nos alliés et nos amis, des changements positifs sont à portée de main, a-t-il ajouté.

Organisation hypocrite
Le Conseil des droits de l’homme, basé à Genève, est «chargé de renforcer la promotion et la protection des droits de l’homme dans le monde» et il a aussi pour mission de faire face «à des situations de violations des droits de l’homme et de formuler des recommandations à leur sujet». Le Conseil est composé de 47 Etats Membres – dont certains sont régulièrement dénoncés pour leurs atteintes aux droits de l’homme – qui sont élus par l’Assemblée générale des Nations Unies. L’administration Trump avait annoncé avec fracas en juin 2018, qu’elle quittait le Conseil. «Nous prenons cette mesure parce que notre engagement ne nous permet pas de continuer à faire partie d’une organisation hypocrite et servant ses propres intérêts, qui fait des droits de l’homme un sujet de moquerie», avait accusé Nikki Haley, qui était alors ambassadrice à l’ONU à New York, flanquée du secrétaire d’Etat de l’époque Mike Pompeo. Elle avait accusé le Conseil de protéger, «les auteurs de violations des droits de l’homme» et de constituer «un cloaque de partis pris politiques».
Si les Etats-Unis avaient insisté sur le fait qu’ils resteraient un héraut des droits de l’homme dans le monde, cette décision avait montré un peu plus la défiance de Donald Trump envers les organismes multilatéraux. Son mandat a aussi été marqué par la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, le départ amorcé de l’Organisation mondiale de la santé, ou encore sa stratégie de paralysie de l’Organisation mondiale du commerce. La nouvelle administration du président Joe Biden avait dès son premier jour annoncé le retour des Etats-Unis dans les accords sur le climat et au sein de l’OMS. (Source AFP)