Le vaccin Pfizer-BioNTech contre la maladie Covid-19 commence dimanche à être expédié depuis l’usine Pfizer du Michigan vers des hôpitaux et d’autres sites aux États-Unis afin d’être administré à partir d’aujourd’hui lundi à des millions d’Américains pour lutter contre la pandémie dont le bilan mondial approche 1,6 million de morts.

Les Etats-Unis sont le pays le plus durement touché avec 297.697 morts. Sur le Vieux continent, l’Italie a dépassé le Royaume-Uni en tant que pays européen le plus endeuillé par la pandémie avec 64.036 décès. «Je suis préoccupé pour les deux semaines de fêtes de Noël», a commenté samedi le ministre italien de la Santé, Roberto Speranza. «Les déjeuners avec des dizaines de personnes à Noël sont à proscrire», a averti le président de l’Institut supérieur de la santé italien, Silvio Brusaferro, invitant à «adopter une grande prudence». Sur les sept derniers jours, parmi les pays européens, l’Italie a enregistré le plus grand nombre de nouveaux morts du Covid-19 (4.522), devant la Russie (3.769), l’Allemagne (2.949), le Royaume-Uni (3.012) et la Pologne (2.815). Dans le monde, la pandémie a fait près de 1,6 million de morts depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles samedi à la mi-journée.

«100% confiants»
Aux Etats-Unis, les infections ont grimpé en flèche, avec 1,1 million de nouveaux cas confirmés durant les cinq derniers jours et un nombre de décès approchant désormais les 300.000. Le président américain Donald Trump avait affirmé vendredi soir que les premières injections du vaccin Pfizer-BioNTech interviendraient dans les 24 heures, c’est-à-dire samedi. «La distribution a commencé» et «les premières cargaisons arriveront lundi matin», a finalement déclaré le général Gus Perna, chef de l’opération gouvernementale Warp Speed (vitesse de la lumière) qui assure l’acheminement du vaccin. «Nous sommes 100% confiants sur un plan opérationnel que nous livrerons le vaccin aux Américains» à ce moment-là, a-t-il ajouté, prévoyant que 145 sites à travers tous les Etats recevraient le vaccin lundi, 425 sites supplémentaires mardi et 66 mercredi. Cette première phase concerne environ trois millions de personnes. Les autorités fédérales ont préconisé de vacciner d’abord les personnels de santé et résidents de maisons de retraite mais la décision revient aux Etats. L’objectif est de vacciner 20 millions de personnes au total en décembre. Les doses sont expédiées dans des caisses garantissant le maintien d’une température adéquate pour leur conservation, à -70°Celsius. Les Etats-Unis ont été vendredi le sixième pays à approuver le vaccin de l’alliance américano-allemande, après le Royaume-Uni, le Canada, Bahreïn, l’Arabie saoudite et le Mexique. L’Agence européenne du médicament devrait rendre un avis d’ici fin décembre. Le vaccin des laboratoires français Sanofi et britannique GSK ne devrait être prêt que fin 2021, après des résultats moins bons qu’attendu dans les premiers essais cliniques. L’Australie a abandonné vendredi un vaccin en première phase d’essais à l’Université du Queensland après un résultat faussement positif de VIH (le virus responsable du sida).

Troisième vague en Corée du Sud
Selon les données compilées par l’AFP, l’Europe est la zone ayant enregistré le plus de nouvelles contaminations cette semaine (+236.700 en moyenne par jour). En France (57.000 morts), il existe un «risque élevé» d’une flambée «dans les prochaines semaines», a alerté l’organisme Santé publique France vendredi, alors que le gouvernement français avait annoncé jeudi un prudent déconfinement à partir du 15 décembre. La pandémie se situe également à «un niveau trop élevé et dangereux» en Belgique, partiellement confinée, a prévenu vendredi le virologue Steven Van Gucht, porte-parole des autorités sanitaires. En Asie, la Corée du Sud qui affronte une troisième vague d’infections a rapporté dimanche 1.030 nouveaux cas, un record pour le deuxième jour consécutif. Longtemps érigé en modèle de gestion de la crise sanitaire, le pays a été surpris par ce regain épidémique et le président Moon Jae-in a évoqué samedi une situation «très grave». Il a présenté ses excuses à propos des difficultés rencontrées par son gouvernement face à cette nouvelle vague.
La Chine, d’où est partie la pandémie il y a un an, a instauré un confinement dans une ville du Nord et lancé une grande campagne de tests dans une autre, toutes les deux proches de la frontière russe, après la découverte d’un cas de coronavirus dans chacune de ces villes. (AFP)