Le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain vont s’entretenir aujourd’hui samedi par téléphone pour la première fois depuis l’investiture de Donald Trump, a annoncé hier vendredi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

« Je confirme qu’un entretien téléphonique est prévu samedi entre MM. Poutine et Trump », a déclaré M. Peskov lors d’une conférence de presse. L’appel entre les deux dirigeants aura lieu en soirée, heure de Moscou, a-t-il précisé.
Il s’agira de leur premier contact officiel par téléphone depuis l’investiture de Donald Trump, le 20 janvier. Les deux chefs d’Etat s’étaient entretenus une première fois par téléphone en novembre, peu après l’élection de M. Trump, et avaient convenu de la nécessité de « normaliser » les relations entre Moscou et Washington, mises à mal notamment par la crise ukrainienne.
 « Habituellement, lors de ce type de contact, un échange de points de vue a lieu sur les principaux paramètres actuels des relations bilatérales », a déclaré M. Peskov, ajoutant que M. Poutine comptait féliciter son homologue américain pour son investiture. « Concernant la levée de sanctions, on n’en sait rien et de ce que j’ai compris, les sources (qui l’évoquent) sont anonymes. Je ne sais pas en quelle mesure elles correspondent à la réalité », a affirmé le porte-parole.
« C’est le premier contact téléphonique après l’investiture du président Trump, il y a peu de chance que cela mène à une conversation de fond sur tous les sujets », a-t-il souligné avant de prévenir: « Soyez patients. »
Durant toute la campagne électorale, Donald Trump, élu 45e président des Etats-Unis, a été accusé par la candidate démocrate Hillary Clinton d’être la « marionnette » de Vladimir Poutine. Moins d’un mois avant son départ de la Maison-Blanche, l’ancien président des Etats-Unis, Barack Obama, a pris fin décembre des mesures de représailles contre Moscou, accusé d’avoir cherché à peser sur la campagne électorale américaine en faveur de Donald Trump.

Theresa May nostalgique de l’ère Reagan
Dans les capitales occidentales, l’idée d’un rapprochement russo-américain inquiète. Jeudi dernier, alors qu’elle était en visite aux Etats-Unis, la Première ministre britannique Theresa May a, dans un discours typique des années de la Guerre Froide, mis en garde les Etats-Unis contre le dirigeant russe Vladimir Poutine, duquel le président américain Donald Trump a souhaité se rapprocher.
« Quand on parle de la Russie, il est sage comme souvent de prendre exemple sur le président Ronald Reagan qui, dans ses négociations avec son homologue russe d’alors Mikhaïl Gorbatchev, avait l’habitude de suivre cet adage ‘‘faites confiance, mais vérifiez’’. Avec le président Poutine, mon conseil c’est ‘‘coopérez, mais prenez garde’’ », a déclaré Mme May.
La Chef du gouvernement britannique s’exprimait devant des républicains américains réunis à Philadelphie. Elle a aussi souligné l’importance des institutions internationales, dont les Nations unies et l’Otan, éreintées à maintes reprises par Donald Trump.
« Les Nations unies ont besoin d’être réformées mais restent vitales », a affirmé Theresa May, défendant également le rôle de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et l’importance cruciale de l’Otan, « pierre angulaire de la défense de l’Occident ». Elle a toutefois appelé les alliés des Etats-Unis à « jouer leur rôle », dans un écho aux critiques de Donald Trump qui estime que les Etats-Unis contribuent de façon disproportionnée aux organismes internationaux.