A moins d’une une semaine de son investiture, le 20 janvier, le président élu Donald Trump prépare sa prise de fonctions alors que les polémiques sur les services secrets et sur sa relation avec la Russie se poursuivent.

Pas encore investi président, Donald Trump a creusé un fossé avec ses futurs services de renseignement, qu’il a accusés publiquement et tour à tour d’incompétence et de déloyauté, tandis que ses futurs ministres exprimaient leur «confiance» à leur égard.La plus tenace des polémiques était liée à la Russie, mais Donald Trump faisait également face à des critiques pour avoir attaqué une figure historique du mouvement des droits civiques, en plein week-end de commémoration de Martin Luther King. Des propos qui ont fait tout de suite réagir le patron sortant de la CIA. John Brennan, pour qui il est « révoltant » que le président élu ait comparé le travail de son agence à l’agissement des nazis, a sommé ce dernier de «comprendre que les enjeux dépassent sa personne». Le chef de la CIA a en effet conseillé, dimanche dernier, à Donald Trump de «se discipliner» au nom de la sécurité des Etats-Unis, le futur président estimant de son côté que les médias et les agences de renseignement lui devaient des excuses. «Je ne crois pas qu’il (Donald Trump) possède une appréhension complète des capacités, des intentions et des actions de la Russie», a déclaré sur Fox News le chef sortant de la CIA, John Brennan, appelant le vainqueur de la présidentielle à être «très rigoureux en s’exprimant publiquement». «Trump doit comprendre que les enjeux dépassent sa personne, il s’agit des Etats-Unis et de la sécurité nationale. Il va avoir l’occasion de passer à l’action, en contraste avec le fait de parler et tweeter», a-t-il ajouté. «J’en prends ombrage (car) il n’y a aucune raison pour M. Trump de montrer du doigt les services de renseignement en leur reprochant d’avoir dévoilé des informations déjà disponibles publiquement», a poursuivi le patron de la CIA. Il faisait allusion à des documents à l’authenticité incertaine, dévoilés cette semaine, qui affirment que les services russes d’espionnage disposeraient d’informations compromettantes sur Donald Trump. Ces notes, connues notamment de plusieurs organes de presse américains réticents à les publier, allèguent entre autres de liens de longue date entre l’entourage du milliardaire et le Kremlin. Le président élu américain, qui sera investi vendredi, ne cesse de dénoncer des «informations bidon».Dans un tweet dimanche après-midi, Donald Trump a exigé des excuses des médias. «Ces chefs du renseignement ont fait une erreur et, quand on fait une erreur, on doit s’excuser», a écrit le président élu, en reprenant cette déclaration sur Fox News du célèbre journaliste du Washington Post Bob Woodward. Quelques heures après, Donald Trump a publié un nouveau tweet s’en prenant à John Brennan en semblant laisser entendre que celui-ci serait à l’origine des fuites sur le dossier russe. «Oh vraiment, ça ne peut pas être pire – regardez simplement la Syrie (ligne rouge), Crimée, Ukraine et accumulation des armes nucléaires russes. Pas bon! Est-il le fournisseur de fausses informations?», a écrit le président élu.