La «tablette de Gilgamesh», joyau mésopotamien vieux de 3.500 ans qui avait été pillé et apporté illégalement aux Etats-Unis, sera restitué jeudi à l’Irak, a annoncé l’Unesco. Cette tablette en argile sur laquelle figurent des caractères cunéiformes, aurait été volée dans un musée irakien en 1991, alors que le pays était plongé dans la première guerre du Golfe. La précieuse pièce archéologique, aussi appelée la «tablette du rêve de Gilgamesh», aurait ensuite été «introduite frauduleusement sur le marché de l’art américain en 2007», avant d’être saisie par les autorités judiciaires du pays en 2019, selon l’Unesco. Malgré sa petite taille, la tablette a une immense valeur. Elle comporte des fragments de «l’épopée de Gilgamesh», considérée comme l’une des plus anciennes œuvres littéraires de l’humanité et qui narre les aventures d’un puissant roi de Mésopotamie en quête d’immortalité. Cette restitution est «une victoire majeure sur ceux qui mutilent le patrimoine» et permet «au peuple irakien de renouer avec une page de son histoire», a déclaré dans un communiqué Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco, qui sera présente à la cérémonie à Washington de remise de l’œuvre aux autorités irakiennes. En juillet dernier, 17.000 pièces, pour la plupart vieilles de quelque 4.000 ans, avaient été rendues à l’Irak par les Etats-Unis. La majorité d’entre elles dataient de la période sumérienne, l’une des plus anciennes civilisations de la Mésopotamie. L’Irak a vu ses antiquités pillées depuis des décennies, au fil des conflits qu’a connus le pays, et notamment l’invasion américaine de 2003. «Au cours de la dernière décennie, le monde a été témoin d’une hausse alarmante de la destruction du patrimoine culturel en raison des conflits armés», affirmait Interpol en 2017. «Le Moyen-Orient, en particulier, est concerné par ce phénomène, même si d’autres régions ne sont pas épargnées», comme l’Afrique du Nord, de l’Ouest ou l’Asie centrale, ajoutait l’organisme. L’imposant sarcophage du prêtre Nedjemankh avait été volé en Egypte en 2011, en plein soulèvement populaire, puis avait été vendu au Met de New York, l’un des plus prestigieux musées du monde, pour environ 4 millions de dollars. Ce n’est qu’en 2019 que le trésor archéologique, datant 150 à 50 avant J.C., avait été rendu à son pays d’origine.