Si l’ex-chef de la Maison-Blanche était déclaré coupable d’incitation à l’assaut de ses partisans contre le Capitole, le 6 janvier dernier, il ne serait pas destitué puisqu’il a déjà quitté la Maison-Blanche, mais il deviendrait inéligible, alors qu’il a caressé l’idée d’une nouvelle candidature à la présidentielle de 2024.

Les leaders du parti démocrate au Congrès ont annoncé, vendredi, que le procès en destitution de Donald Trump commencera la deuxième semaine de février au Sénat, après la transmission à la chambre haute de l’acte de mise en accusation de l’ancien Président en début de semaine prochaine. Ce délai de deux semaines, entre la remise de l’acte d’accusation et le début des débats, permettra que le procès ne monopolise pas les sessions à la chambre haute pour le début du mandat de Joe Biden, ont indiqué des médias américains. Le Sénat pourra ainsi notamment confirmer les membres de son gouvernement. «Une fois les dossiers rédigés, l’exposé par les parties commencera la semaine du 8 février», a déclaré vendredi soir Chuck Schumer, le chef démocrate du Sénat, où Donald Trump doit être jugé pour «incitation à l’insurrection». M. Schumer avait auparavant précisé devant ses collègues que l’acte d’accusation «serait transmis au Sénat lundi». «Nos procureurs sont prêts à défendre leur dossier devant les 100 sénateurs qui serviront de juges pendant le procès», avait ensuite confirmé Mme Pelosi dans un communiqué. Concrètement, ces «procureurs» – des élus démocrates de la Chambre menés par Jamie Raskin – traverseront lundi les couloirs du Congrès pour apporter l’acte d’accusation dans l’hémicycle du Sénat, où ils le liront aux sénateurs. Cette étape marque l’ouverture formelle du procès, mais les débats sur le fond ne commenceront donc que deux semaines plus tard. Chuck Schumer avait précisé dans la matinée avoir discuté avec le chef de la majorité républicaine Mitch McConnell «du calendrier et de la durée» des audiences. Ce dernier avait précisément suggéré d’attendre la mi-février pour entamer les débats. «La mise en accusation par la Chambre a été plus rapide et minimaliste que jamais, l’étape suivante ne peut pas être un procès insuffisant au Sénat», avait-il déclaré. «Nous avons besoin d’un procès complet et équitable, lors duquel l’ancien président pourra se défendre et le Sénat considérer toutes les questions factuelles, légales et constitutionnelles», avait-il poursuivi. L’habile stratège avait même souligné qu’il était dans l’intérêt de la nouvelle administration d’attendre. Jusqu’ici, Joe Biden s’est gardé d’intervenir à ce sujet, estimant qu’il revenait au Congrès de fixer les modalités du procès de son prédécesseur. Donald Trump est accusé d’avoir encouragé ses partisans à se lancer à l’assaut du Capitole le 6 janvier au moment où les élus du Congrès certifiaient la victoire de son rival démocrate à la présidentielle. La Constitution américaine impose un seuil des deux-tiers pour condamner un Président, et il faudrait que 17 sénateurs républicains se rallient aux 50 démocrates pour atteindre cette majorité qualifiée, ce qui est à ce stade très incertain. n