L’inflation s’est encore accélérée en mars aux Etats-Unis, atteignant son plus haut niveau depuis plus de 40 ans, en raison principalement des prix de l’essence qui ont bondi avec la guerre en Ukraine, poussant l’administration Biden à annoncer des mesures. Les prix ont augmenté de 8,5% sur un an, contre 7,9% en février, selon l’indice des prix à la consommation (CPI) publié mardi par le département du Travail. Le mois de mars est le premier à intégrer entièrement l’effet de la guerre en Ukraine, qui avait débuté dans les tous derniers jours du mois de février. Ainsi, sur un mois, l’inflation s’élève à 1,2%, contre 0,8% en février. Les seuls prix de l’essence ont flambé de 18,3% par rapport au mois dernier, et représentent plus de la moitié de l’inflation, venant s’ajouter aux pénuries de biens et de main d’oeuvre. Les prix du logement et de l’alimentation participent également à cette hausse, précise le département du Travail. Cependant, en excluant les prix de l’énergie et de l’alimentation, l’inflation dite sous-jacente ralentit par rapport à février, à 0,3% contre 0,5%. Sur un an en revanche, elle s’accélère, et atteint 6,5%, son plus haut niveau depuis août 1982. La Maison Blanche avait pris les devants lundi, avertissant que l’inflation serait «extraordinairement élevée», et a annoncé mardi une série d’initiatives visant à augmenter l’utilisation et la production de biocarburant, dans l’espoir de faire baisser les prix à la pompe. Cela fait maintenant un an que l’inflation, qui réduit le pouvoir d’achat des ménages, est supérieure aux 2% cibles de la banque centrale américaine (Fed). Le mois de mars est même le 6e d’affilée à enregistrer une hausse des prix supérieure à 6%. L’indice CPI est celui sur lequel sont indexées, notamment, les retraites. La Fed privilégie un autre indicateur, l’indice PCE, qui s’est élevé à 6,4% sur un an en février.