Même si le déficit de la balance des paiements devrait évoluer au même niveau que celui prévu dans la loi de finances 2021, voire légèrement au-dessus, le projet de loi de finances complémentaire du même exercice parie sur une hausse de deux agrégats, lesquels devraient contribuer à ralentir l’évolution du déficit de la balance des paiements cette année.

Par Hakim Ould Mohamed
Les deux agrégats en question portent sur les exportations d’hydrocarbures et la fiscalité pétrolière à recouvrer durant l’exercice actuel. Ces deux agrégats ont été revus légèrement à la hausse «pour tenir compte du niveau des quantités exportées affichées dans le dernier PMT de Sonatrach 2021-2025 du 3 décembre 2020», lit-on dans le rapport de présentation de l’avant-projet de loi de finances complémentaire 2021, dont Reporters s’est procuré une copie. Compte tenu des prévisions à la hausse de ces nouveaux éléments, le gouvernement anticipe des revenus de 23,63 milliards de dollars à la fin de l’année 2021 tirés de la commercialisation des hydrocarbures, contre 23,21 milliards de dollars prévus dans la loi de finances principale de 2021. En revanche, les importations de biens et consommables alimentaires et non alimentaires devraient se situer à 30,42 milliards de dollars, contre 30,05 milliards de dollars prévus dans la loi budgétaire initiale de 2021. L’évolution de ces deux agrégats fait ressortir un solde de la balance des paiements de -3,68 milliards de dollars contre -3,60 milliards de dollars prévus dans la loi de finances pour 2021.
Même si le gouvernement se montre plutôt optimiste quant à l’évolution des exportations et des importations, deux des principaux indicateurs entrant dans le calcul du déficit de la balance des paiements, il devrait, néanmoins, garder un œil sur l’état des autres comptes extérieurs, dont le déficit du compte courant, les sorties de devises sous forme de dividendes ainsi que les entrées d’IDE ; lesquelles étaient quasiment nulles courant 2020 en raison de l’impact du choc pandémique sur la mobilité des personnes, des marchandises et des capitaux.
Le déficit de la balance des paiements a été essentiellement aggravé en 2020 par celui de la balance commerciale ; lequel atteignant 11,9 milliards de dollars, contre un déficit de 6,01 milliards de dollars seulement en 2019, soit un creusement du déficit de près de 6,0 milliards de dollars. L’aggravation du déficit commercial est en relation principalement avec le recul du niveau des exportations qui ont baissé de 37,5% durant l’année 2020, plus important que celui enregistré par les importations de marchandises. Le niveau des prix du brut de cette année laisse entrevoir un léger mieux quant à l’évolution du déficit commercial et, plus globalement, celui de la balance des paiements qui, rappelons-le, a un effet corrosif sur le solde global des réserves de change. L’érosion du stock en devises, dont le solde était de seulement 42 milliards de dollars à fin 2020, est intimement liée au déficit de la balance des paiements. Si les prévisions du gouvernement pour 2021 venaient à se concrétiser, tablant sur un déficit de seulement 3,68 milliards de dollars, contre une prévision de -18 milliards de dollars dans la loi de finances complémentaire de 2020, la fonte des réserves de change ne devrait pas s’accélérer comme ce fut le cas en 2020, année durant laquelle le stock en devises a fondu d’environ 20 milliards de dollars.