Plus de cinq mois après la suspension des cours en raison du confinement imposé par le nouveau coronavirus, les écoles rouvriront demain leurs portes pour les séances de révisions et de préparation psychologique au profit des candidats aux examens du BEM et du baccalauréat pour l’année 2019/20 prévus au mois de septembre prochain.

Un moment important que les syndicats des enseignants appréhendent en dépit des assurances du ministère qui réitère que la réouverture des salles de classe pour la révision ainsi que la rentrée scolaire pour l’exercice 2020/21, prévue à partir du 4 octobre, se feront en conformité avec les mesures adaptées au contexte épidémiologique et dans le cadre des mesures préventives strictes afin de préserver la sécurité et la santé des élèves.
A en croire des syndicalistes que nous avons approchés, un nombre important d’établissements scolaires seraient dans l’incapacité d’appliquer le protocole de procédures sanitaires censé être adopté dans les centres d’examen, en raison de «soucis financiers». Ces derniers ne doutent pas de la volonté et des efforts consentis pour un système scolaire protégeant la santé et la sécurité des élèves, des enseignants et des autres personnels de l’éducation. Mais ils craignent que la réouverture des écoles ouvre la voie à une propagation du virus, dans le cas où les écoles ne disposent pas des moyens de nature à protéger les écoliers et l’ensemble du personnel appelé à renouer avec les établissements dès demain avec l’entame de la phase des révision pour les élèves-candidats.
C’est en tout cas l’avis de l’Unpef et du Satef qui se demandent si les conditions préalables à la réouverture des écoles telles qu’édictées dans le protocole sanitaire seront assurées. Selon le porte-parole de l’Unpef, Abdelouahab Lamri Zegar, «nombre d’écoles ne disposent pas jusqu’à présent des moyens de désinfection», il estime que le ministère de tutelle est dans «l’obligation de mettre à disposition des écoles une enveloppe financière pour le bon déroulement des examens et une rentrée scolaire réussie». Son avis est partagé par Nabil Ferguenis, militant du Satef qui évoque également le problème budgétaire dont souffrent les établissements scolaires. «La grande majorité des écoles souffrent sur le plan financier et n’ont pas de quoi se procurer le gel désinfectant», explique le syndicaliste, qui semble plutôt inquiet en dépit des assurances de la tutelle quant à la réunion de toutes les conditions pour garantir une reprise sûre.
Les deux syndicalistes appellent ainsi les autorités compétentes à mettre à disposition des écoles une «enveloppe financière pour un bon déroulement des examens de fin d’année et à quelques semaines de la prochaine rentrée scolaire. Nabil Ferguenis rappelle, sur un autre volet, que les enseignants ont rejoint hier les écoles pour signer les procès-verbaux, relevant qu’ils se sont réunis aujourd’hui pour afficher leur volonté à «relever le défi», dit d’un ton rassurant le syndicaliste.
«C’est une reprise qui se déroulera dans des conditions exceptionnelles, il ne sera pas aisé de reprendre alors que les examens du BEM et du baccalauréat interviennent après 6 mois de rupture», ajoute M. Ferguenis. Ce dernier estime que les candidats aux épreuves de fin d’année ont besoin d’un accompagnement psychologique par des spécialistes de concert avec les parents d’élèves. Pour sa part, Khaled Ahmed, président de la Fédération nationale de parents d’élèves, qualifie la réouverture des classes de défi, exprimant son souhait que le protocole sanitaire approuvé par le Comité scientifique chargé de suivre l’évolution de l’épidémie du coronavirus sera appliqué à la lettre.
Khaled Ahmed indique que les candidats se préparent dans la sérénité, mais appelle toutefois les parents à exercer leurs responsabilités sans mettre la pression à leurs enfants qu’il faut accompagner». n