C’est un véritable cri de détresse que vient de lancer l’Association nationale des établissements de formation agréés (ANEFA) qui fait part d’une situation « catastrophique » que vivent plus de 700 écoles dont l’activité a cessé depuis le mois de mars 2020 en raison de la propagation de la Covid-19 et la crise sanitaire engendrée. Cette organisation s’inquiète davantage des perspectives après que le département de la formation professionnelle ait décidé le report sans préavis ni concertation de la reprise des cours initialement prévue hier dimanche 30 août.

Portant à la connaissance de l’opinion le poids des conséquences que continuent de subir ces établissements, l’Anefa charge sa tutelle, à savoir le département de la Formation professionnelle, suite à la décision portant sur le report de la reprise des cours initialement prévue le 30 août, que l’Anefa qualifie d’inattendue et d’inappropriée.
« Les 750 établissements de formation professionnelle agréés par l’Etat sont à l’arrêt depuis le 12 mars 2020 suite à la pandémie de la Covid-19 et nonobstant les pertes et le déficit engendrés par cette situation, ils ont collaboré, mais, aujourd’hui, ils protestent vivement contre les dernières mesures inattendues et inappropriées de report à une date ultérieure de la reprise des activités de formation professionnelle initialement prévue au 30 août 2020 par la tutelle », écrit l’Anefa dans un communiqué rendu public.
Faisant part de sa crainte de voir ces établissements mettre la clef sous le paillasson, l’Anefa relève que « l’existence même de plusieurs établissements, si ce n’est l’ensemble, est aujourd’hui menacée et constitue une attaque directe sur l’emploi et les revenus de plus de 20 000 familles ». L’association s’interroge sur les raisons qui font que la tutelle n’ait pas répondu favorablement à sa demande de reprise, alors que ces établissements sont en mesure de garantir un respect strict des mesures de préventions contre la Covid-19.

«Comment expliquer que, bien que nous ayons fait depuis le mois de mars de nombreuses propositions de reprise contrôlée des activités, de respect des mesures sanitaires, nous soyons toujours assimilés à l’enseignement de masse sachant que les effectifs des établissements privés sont très réduits, que ce soit en présentiel ou par formation conventionnée ?», se demande l’Anefa. Cette dernière s’interroge également pourquoi aucune réponse n’a été donnée au nouveau cahier des charges proposé relatif à l’enseignement à distance, estimant que «cette crise a révélé au monde entier la puissance des outils modernes de communication, tels que l’enseignement à distance. De nombreux pays ont poursuivi l’enseignement du primaire jusqu’au supérieur en passant par la formation professionnelle avec des moyens modernes et appropriés».
L’Anefa s’interroge aussi sur les raisons qui font que «les restaurants, les hôtels et les mosquées soient autorisés à ouvrir au public depuis le 15 août 2020, alors que nos établissements restent fermés sine die», pointant ainsi une situation qui pénalise quelque 500 000 apprenants et des milliers d’entreprises qui comptaient sur des formations diverses pour leur personnel.
Pour toutes ces raisons, l’Anefa demande «la reprise des activités de formation comme annoncé au 30 août 2020, l’autorisation d’assurer des sessions de formation dans nos locaux quand ceux-ci le permettent et surtout chez nos clients qui en font la demande». L’Anefa réclame également «l’autorisation immédiate d’assurer des formations à distance, selon le cahier des charges transmis au ministère de la Formation et de l’enseignement professionnels», ainsi que «la mise en place immédiate de la procédure d’indemnisation des pertes subies pendant cette période de fermeture par les établissements de formation privés au même titre que d’autres secteurs».
L’association conclut son communiqué en mettant en garde les autorités quant aux conséquences de cette situation si des mesures salvatrices ne venaient pas à être prises. «En l’absence de réflexion et de décision immédiate, presque l’ensemble des établissements privés de formation professionnelle du territoire national seront contraints de se déclarer en faillite avant la fin de l’année, avec toutes les conséquences qui seront induites pour la préservation des emplois», alerte l’Anefa.