Un autre 8 mars vient de passer, avec le fameux après-midi octroyé aux travailleuses, et la bonne recette chez les fleuristes. Que faudra-t-il retenir également de cette journée ? Que les féministes ont essayé de marquer l’«événement» de leur empreinte en brandissant des banderoles au niveau de la Place Maurice Audin, à Alger, mais l’impact escompté n’était pas au rendez-vous. Elles n’étaient pas nombreuses, tout en moins, pas assez. En parallèle, quasiment au même moment, un autre mouvement était en marche. Une manifestation, avec de nombreuses femmes, mais également des jeunes et moins jeunes hommes, faisait bien plus de bruit. Et ceux là, pourtant «réunis» à l’occasion du 8 mars, n’avaient rien à voir avec les revendications des féministes. Ce n’était pas un vendredi, ni un mardi, mais les slogans étaient les mêmes que ceux du Hirak qui a repris le 22 février dernier. Physiquement la femme était bien présente, mais absolument absente des pancartes et des slogans. Le temps d’un jour, les hirakistes, de retour dans les rues d’Alger, ont ajouté un lundi à leur «agenda». Certes, ce 8 mars, à Alger-centre, ce n’était pas la fête, mais ce n’était pas non plus une journée exploitée pour défendre les droits des femmes. De là à dire que c’était un ratage, ce serait peut-être aller vite en besogne.
Cependant, l’une des premières leçons à tirer de ce second 8 mars de la seconde décennie, du troisième millénaire, c’est l’importance de rappeler une leçon, pourtant considérée, par l’histoire, comme évidente. Celles que les droits ne s’octroient pas, mais plutôt s’obtiennent. Cela concerne bien-sûr tout le monde, que ce soient celles qui étaient en sit-in à Audin, ou celles qui marchaient en rangs serrés, et en mode Hirak. Tou(s)te(s) ce beau monde aurait peut-être dû mettre en valeur les acquis (même s’ils ne sont pas nombreux) des dernières années. Une manière de booster les revendications toujours en cours. Ici, l’exemple qui s’impose à tous est le contenu du rapport de l’Unesco, publié le 11 février dernier et dont l’intitulé était «La course contre la montre pour un développement plus intelligent». Pour ceux qui l’auraient oublié, ou qui auraient raté l’information, la principale conclusion de ce travail indique que l’Algérie enregistre le plus fort taux de femmes ingénieures au monde. C’est loin, très loin, d’être négligeable. Le résultat d’un travail de fond au sein de la société, qui est, et sera toujours, bien plus productif, que les mouvements épisodiques.