Il n’aura finalement duré à son poste de Directeur général du complexe sidérurgique d’El Hadjar (Annaba) moins d’un an. Le concerné est Réda Belhadj, démis de ses fonctions, avant-hier, à l’issue d’une réunion de l’assemblée générale ordinaire du Conseil d’administration.
Un changement qui vient rappeler la délicate situation dans laquelle se retrouve ce qui a été présenté, durant des lustres, comme joyau de l’industrie lourde nationale. Les derniers bilans en donnent un aperçu. Ainsi, en 2020, le volume exporté par le complexe a permis de récolter 26 millions de dollars. Une baisse de 51% par rapport à l’année d’avant (51 millions de dollars en 2019). Des pertes énormes enregistrées de surcroît dans un laps de temps très court. Les explications peuvent être nombreuses. La première, brandie automatiquement par tous les responsables, est évidemment celle de la pandémie du Coronavirus. Les conséquences de cette crise sanitaire sont certainement derrière ce bilan désastreux enregistré par le complexe sidérurgique. Mais la Covid-19 n’est pas la seule «coupable». Il y a, également, sans aucun doute, un problème managérial que le désormais ex-Directeur général n’a pas pu résoudre, même s’il n’a pas eu assez de temps, en exactement 10 mois et 22 jours.
Néanmoins, ces deux paramètres, Covid-19 et dysfonctionnement managérial, sont loin d’être les seules causes de la «chute» d’El Hadjar.
La plus importante reste le passif d’une période de 15 ans, celle représentant la durée de la présence des Indiens d’Arcelor Mittal à la tête du Complexe de Annaba. La cession énigmatique de 70% des actions d’El Hadjar, en 2001, au géant mondial, et le départ de ce dernier sans rendre de comptes à personne, demeurent des «événements» aux contours toujours douteux.
Arcelor Mittal avait carte blanche dès son arrivée, et jusqu’à sa «fuite», en 2016, et au final sans que l’industrie nationale n’ait pu en bénéficier. Pis encore, les Indiens ont laissé, en «cadeau», une ardoise de 8,28 milliards de dinars. Une dette que le complexe sidérurgique traîne à ce jour. El Hadjar «mérite» d’être au centre d’une enquête judiciaire. L’impunité doit être mise de côté partout où l’injustice a frappé.