Par Bouzid Chalabi
En plus du prix des aliments spécifiques à l’élevage avicole, de plus en plus croissant ces dernières années, est venue se greffer cette année une subite surenchère sur le poussin. «Rendant ainsi le coût de revient à l’élevage très élevé», soutiennent les aviculteurs. C’est d’ailleurs selon eux «l’une des principales raisons de la cherté du prix à la consommation de la viande blanche», ont-ils très souvent précisé. Un argumentaire qui ne va plus tenir la route dès lors où les producteurs de poussins ont convenu de réduire le prix du poussin depuis mardi dernier.
C’est ce qui a été décidé au terme d’une réunion consultative, tenue au siège du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, présidée par le Secrétaire général Salah Chouaki et consacrée à l’examen de la situation de la filière avicole, tout en se penchant sur la production d’un des principaux intrants, en l’occurrence, les poussins, rapporte un communiqué du ministère rendu public mardi dernier en début de soirée.
Cette source indique par ailleurs que le Directeur de la Régulation et du Développement de la production agricole, Ali Zoubar, ainsi que des opérateurs spécialisés dans la production de poussins ont pris part à cette réunion et ont soulevé leur préoccupation. Il est toutefois souligné que le Secrétaire général a jugé que « cette réduction du prix du poussin va se répercuter sur les prix de la volaille sur les étals au détail».
A propos de la cherté actuelle du poussin, il y a lieu de savoir qu’il est passé de 120 à 180 DA l’unité dépassant parfois la barre de 200 DA ces derniers mois. Une vertigineuse tendance à la hausse qui a provoqué ainsi une hausse considérable des prix des viandes blanches, alors que ces produits carnés sont classés parmi ceux de large consommation du citoyen.
On apprend également que lors de son intervention, le Secrétaire général a préconisé de poursuivre résolument la lutte contre la spéculation, considérant que c’est l’ un des facteurs à l’origine de la flambée sans précédent des prix du poussin et, partant, du poulet. Il a par ailleurs rappelé aux producteurs et professionnels de la filière avicole la conjoncture difficile par laquelle est passée cette filière en raison, entre autres, du rebond de la grippe aviaire durant le premier semestre de l’année en cours où «1 million de poussins ont péri». Toujours à propos de la grippe aviaire, il dira qu’«elle a été exacerbée par la crise sanitaire entraînant ainsi des perturbations dans les chaînes de production de différentes filières, dont l’aviculture». Ajoutant dans la foulée : «La crise sanitaire a également eu pour conséquence une hausse sensible des prix des facteurs de production sur les marchés mondiaux, notamment en ce qui concerne les aliments pour bétail et les matières premières comme le maïs et le soja.»
Toujours d’après cette même source, Salah Chouaki a déclaré qu’il existait des indicateurs rassurants quant à la disponibilité des facteurs de production, «notamment en ce qui concerne les poussins, sur le marché national, qui couvre 30% des besoins, le reste étant importé», a-t-il affirmé.