Des biens immobiliers, mobiliers, bijoux et autres d’une valeur globale dépassant 200 milliards de centimes appartenant à l’ancien ministre de l’Industrie en fuite à l’étranger, Abdeslam Bouchouareb, ont été saisis par la justice algérienne.

PAR INES DALI
C’est sous le sceau de l’urgence que cette dernière est intervenue pour mettre en œuvre l’opération de saisie des «biens apparents et cachés» de l’ancien ministre sur ordonnance du pôle pénal économique et financier du Tribunal de Sidi M’hamed (Alger), selon le quotidien Echorouk, citant des sources sûres.
Après avoir vendu deux appartements dans la capitale française pour une valeur équivalente à 45 milliards de centimes, Bouchoureb a tenté de faire de même pour ses biens immobiliers en Algérie, ce qui explique l’urgence de l’intervention de la justice algérienne qui a procédé aux saisies en question avant-hier dimanche. C’est ainsi que les équipes chargées de cette mission ont fait irruption dans ses luxueuses villas situées dans la commune de Chéraga, sur les hauteurs de la capitale, et dont la valeur est estimée à 200 milliards de centimes.
Dans le détail des opérations de saisies, les mêmes sources ont révélé que la police judiciaire, sous la houlette du pôle pénal économique et financier du Tribunal de Sidi M’hamed, a perquisitionné la villa n°04, située à la rue Haouassine-El Hadi, dans la commune de Chéraga, mitoyenne au centre commercial Al-Qods. Son propriétaire Abdeslam Bouchouareb l’avait louée à l’ambassade d’Irak avant le départ de celle-ci pendant plusieurs années, et l’a ensuite enregistrée au nom de sa mère.
A l’intérieur de cette villa, qualifiée de «véritable palais», la perquisition a permis de découvrir et saisir des «bijoux et d’ornements coûteux, ainsi que des sommes d’argent très importantes en devises fortes, soit l’euro et le dollar». En outre, «deux voitures de luxe de fabrication allemande et des biens mobiliers de valeur» ont été découverts. La villa, à elle seule, aurait une valeur financière dépassant 200 milliards de centimes, est-il encore révélé.
Les autorités judiciaires ne se sont pas arrêtées là, mais ont également saisi, le même jour, pas moins de 10 propriétés appartenant du ministre en fuite, composées de différents biens immobiliers, soit des d’appartements de différents types (ordinaires et en duplex), ainsi que d’une usine à l’est de la capitale.
Les saisies, comprenant plusieurs biens, se sont poursuivies jusqu’à hier matin, selon les mêmes sources qui affirment que «les autorités judiciaires algériennes portent, ainsi, un coup dur aux parties qui ont tenté d’entraver le processus de récupérer l’argent pillé à l’étranger, comme l’exigent les accords». Dans le cas présent, «c’est un coup dur qui est porté à Abdeslam Bouchouareb, qualifié d’«architecte de la ruine économique», notamment pour ce qui est du dossier du montage automobile, «en déjouant tous ses plans pour contourner les autorités algériennes et falsifier les décisions rendues par la justice algérienne au nom du peuple algérien», ont estimé les mêmes sources.
Ces dernières ont assuré que tous ses biens se trouvant à l’intérieur du pays ont été saisis, en plus de la prise de «toutes les mesures qui entrent dans le cadre des accords judiciaires entre l’Algérie et la France pour mettre en œuvre la saisie immédiate de tous les biens du ministre en fuite, soit trois appartements en plein cœur de la capitale française». Dans ce cadre, il est utile de rappeler que l’Algérie et la France ont signé en 2019 un accord relatif à l’extradition des personnes recherchées, un accord considéré comme une extension de l’accord-cadre signé il y a plusieurs décennies entre les deux pays, en 1964. L’ancien ministre de l’Industrie Abdeslam Bouchouareb, qui est sous le coup d’un mandat d’arrêt international, cumule une peine de prison de 80 ans.