Par Bouzid Chalabi
La suppression des essences plombées (essence normale et essence super) au niveau de toutes les stations-service du pays, rendue effective depuis le mois de juillet 2021, s’est soldée par l’enregistrement de gains considérables pour le pays. L’Algérie importait, en effet, l’équivalent de 500 millions de dollars en carburant lourd.
C’est ce que rapporte l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH) dans son bilan d’activités, rendu public hier mercredi 20 avril 2022. L’ARH souligne que cette suppression de l’essence plombée a permis de réaliser «une autosuffisance en essence et l’arrêt des importations de ce produit. L’autorité précise en outre que «depuis l’arrêt de la production d’essence plombée, la demande locale en essence sans plomb est totalement satisfaite par la production nationale». Ce faisant, d’après l’Autorité, «la généralisation de l’utilisation de l’essence sans plomb a contribué aussi à la réduction des coûts d’entretien des infrastructures de stockage et de la distribution, en évitant les opérations de contamination des bacs de stockage et des pipelines (le cas des infrastructures multi-produits). Autres avantages découlant de ladite suppression, «les raffineurs et les distributeurs réalisent des gains de temps considérables en matière de transport d’une seule essence par pipeline sans la nécessité d’une intermittence entre les produits», explique cette même source. Celle-ci fait savoir, par ailleurs, que «l’option en question a, non seulement, permis de satisfaire la demande locale mais aussi d’établir une programmation claire des quantités d’essence nécessaires pour chaque zone et région du pays».
Notons que l’ARH fait ressortir, dans son bilan, à propos du niveau de consommation d’essence sans plomb, qu’il a atteint le 1,2 million de tonnes durant le 1er trimestre de l’année en cours, tandis que la consommation totale, en 2021, a avoisiné les 3,42 millions de tonnes.
A propos de l’opération de conversion des véhicules essences au Gaz de pétrole liquéfié carburant (GPL-c), l’ARH révèle que la mutation de l’essence au GPL-c a concerné 25 000 véhicules durant le 1er trimestre 2022, soit une augmentation de 6% pour la même période de 2021 avec 23 000 conversions. Toujours dans ce même sillage, l’Autorité rapporte : «Aujourd’hui, le parc national roulant en GPL-c dépasse les 500 000 véhicules.»
Concernant les projets d’investissement dans le secteur, l’ARH indique qu’elle a validé 67 dossiers durant les trois premier mois 2022. Pour le détail, les projets portent sur l’autorisation, entre provisoire et définitive, d’ouverture de 59 stations-service dont 28 nouvelles, en phase de création, et la réalisation de centres de stockage carburants et distribution de gros lubrifiants (8 autorisations entre provisoires et définitives).
Il convient de rappeler, selon un rapport relatif au passage à l’essence sans plomb, élaboré par le ministère de l’Energie et des Mines, que l’incorporation du plomb dans les essences, au niveau des raffineries, a connu une nette régression depuis 2000 jusqu’à son élimination définitive à partir du 15 septembre 2020. «Depuis, un processus de décontamination du réseau de distribution (élimination des traces de plomb) a été entamé par les distributeurs et à leur tête Naftal, avec un suivi régulier de la présence des traces de plomb au niveau des bacs de stockage et des cuves des stations-service», est-il enfin mentionné dans ledit rapport. n