La police espagnole a annoncé hier lundi avoir arrêté 26 membres présumés d’une organisation qui a fait entrer clandestinement en Espagne 900 migrants, principalement Algériens, au tarif de 2.500 euros la traversée maritime. Le réseau, installé en Algérie et dans les provinces espagnoles d’Almeria (sud) et d’Alicante (sud-est), utilisait des embarcations ultra-rapides pour traverser en trois heures la mer d’Alboran depuis Oran (nord-est de l’Algérie), a expliqué la police dans un communiqué. L’organisation faisait aussi passer des migrants entre Tanger (nord du Maroc) et la ville portuaire espagnole d’Algésiras. «Chaque migrant devait verser à l’organisation entre 2.000 et 2.500 euros pour la traversée maritime» et 500 euros supplémentaires pour le transfert en voiture jusqu’à des villes du sud et de l’est de l’Espagne, selon le communiqué. Si les migrants ne disposaient pas de la somme demandée, les trafiquants n’hésitaient pas à les abandonner sur la route ou à les séquestrer jusqu’à ce que des proches paient leurs dettes. En 2019, le réseau a obtenu «un bénéfice de plus d’un million et demi d’euros», a indiqué la police. Les 26 membres présumés de l’organisation – dont la nationalité n’a pas été révélée – ont été arrêtés principalement dans les provinces d’Almeria et d’Alicante. En juin, la Garde civile avait annoncé l’arrestation de sept ressortissants algériens en tant que membres présumés d’une organisation qui transportait des migrants sans papiers d’Algérie vers l’Espagne. L’Espagne a vu les arrivées par la mer de migrants baisser de 54,5% l’an dernier. Leur nombre est passé de 57.498 en 2018 à 26.168 en 2019, selon le ministère de l’Intérieur.