Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a appelé vendredi à Tunis à davantage de coordination avec le gouvernement tunisien sur les questions de migration irrégulière, au moment où les départs clandestins depuis le Maghreb vers l’Europe s’accélèrent. Le ministre espagnol, qui a rencontré son homologue tunisien Taoufik Charfeddine et le Premier ministre Hichem Mechichi, a indiqué avoir abordé avec eux la migration irrégulière, ainsi que le trafic de personnes et les réseaux d’émigration clandestine. «Nous avons encore la possibilité d’approfondir cela dans la coopération et la coordination», a déclaré M. Grande-Marlaska, selon une vidéo mise en ligne par la présidence du gouvernement tunisien. Le ministre espagnol a exprimé la volonté de son pays de bénéficier de l’expérience tunisienne dans la lutte antiterroriste et appelé à «une plus grande coordination entre les deux pays dans le domaine de la migration irrégulière», d’après la même source. Le manque de perspectives sur les plans politique comme économique et les dramatiques conséquences sociales des restrictions liées à la pandémie de nouveau coronavirus, ont accentué les rêves de départ des jeunes du Maghreb. Les Etats européens ont parallèlement accentué la pression sur les pays de la rive sud de la Méditerranée. Si les arrivées des migrants sur les côtes espagnoles ont globalement chuté de moitié sur les huit premiers mois de 2020, les Algériens représentent désormais les deux tiers des arrivées, devant les Marocains, selon l’agence européenne Frontex. Depuis la Tunisie, les candidats à l’exil prennent la mer pour le sud de l’Italie. Mais des médias tunisiens ont évoqué mercredi le démantèlement d’un réseau qui serait soupçonné d’avoir proposé des traversées irrégulières de la Tunisie vers l’Espagne via l’Algérie et le Maroc.