En battant l’Italien Luigi Samele en finale, le sabreur Aron Szilagyi a remporté sa troisième médaille d’or consécutive, après Londres 2012 et Rio 2016. Le Hongrois devient le premier homme à réaliser cette performance, et imite la fleurettiste italienne Valentina Vezzali. Aron Szilagyi est entré dans l’histoire, hier à Tokyo. Le sabreur hongrois de 31 ans, est devenu samedi le premier escrimeur masculin dans l’histoire à aligner trois titres olympiques consécutifs individuels, un exploit qui consacre non seulement un sportif mais aussi un homme, connu dans son pays pour sa modestie autant que son coeur… d’or.

Il imite la fleurettiste Vezzali
Il rejoint ainsi la fleurettiste italienne Valentina Vezzali, la seule escrimeuse chez les dames à avoir accompli le même exploit (Sydney 2000, Athènes 2004 et Pékin 2008). Vezzali compte toutefois trois titres de plus, par équipes (Atlanta 1996, Sydney 2000 et Londres 2012).
En finale au Makuhari Messe Hall de Chiba, pour l’ouverture de l’escrime, Szilagyi a facilement dominé l’Italien Luigi Samele 15 à 7 pour s’adjuger la troisième médaille d’or olympique de sa carrière après Londres 2012 et Rio 2016. Le Coréen Kim Jung-hwan a remporté pour sa part la médaille de bronze aux dépens du Géorgien Sandro Bazadze (15-11). Cet exploit de Szilagyi constitue une consécration de plus pour l’école hongroise d’escrime, dont l’excellence est une constante depuis des décennies, au point d’avoir vu son double champion olympique (1968 et 1972) à l’épée, Pal Schmitt, devenir… président de la République en 2010. A Rio, déjà, Szilagyi avait égalé le Français Jean-François Lamour, double champion olympique en 1984 et 1988, devenant le cinquième sabreur de l’histoire à réussir le doublé olympique en individuel, et le troisième Hongrois après Jenö Fuchs (1908 et 1912) et Rudolf Karpati (1956 et 1960).

MATHEUX ET PRÉCOCE
Natif de Budapest, ce droitier au physique altier (1,80 m, 79 kg) est aussi réputé dans son pays pour être l’un des sportifs parmi les plus intelligents – il a notamment récolté plusieurs prix en mathématiques – et les plus modestes: il participe ainsi souvent comme ambassadeur de bonne volonté à des séances de thérapie canine offertes aux enfants souffrant d’autisme et/ou de syndrome Down. Talent précoce -il a débuté l’escrime à 9 ans au club de Vasas-, il est repéré très jeune et intègre en 2007, alors qu’il n’est encore que cadet, l’équipe hongroise seniors avec laquelle il remporte, aux Championnats du monde de Saint-Pétersbourg, la médaille d’or par équipes au sabre, en battant la France 45-43, une première pour son pays depuis 1998. Sa progression est ensuite constante et fulgurante: en 2009, il remporte le bronze aux Mondiaux à Antalya et en 2013, il termine troisième en individuel aux Championnats d’Europe à Sheffield. Diplômé en relations internationales, ce brun aux yeux clairs a été porte-drapeau de la Hongrie à Rio 2016, avant d’être élu en 2017 président de la commission des athlètes à la Fédération internationale. Le voilà désormais dans la légende.