La fleurettiste algérienne, Anissa Khelfaoui, sera de retour avec la sélection nationale d’escrime avec laquelle elle n’a plus tiré depuis la Coupe du Monde d’Alger en 2018 quand elle s’était rompue les ligaments croisés antérieurs du genou gauche. Une grosse blessure qui l’a tenue loin des pistes. Un retour qui se fera progressivement pour l’athlète. Le président de la fédération algérienne d’escrime (FAE), Raouf Salim Bernaoui, que nous avons joint, a confirmé le « comeback » de Khelfaoui pour l’étape de Saint-Maur-des-Fossée à Paris (France) programmée du 25 au 27 janvier prochains.

Après une opération, des séances chez le kiné, de la rééducation et un retour récent sur le tapis au Canada, l’escrimeuse, qui avait pris part aux Jeux Olympiques de Pékin 2008 (Chine), Londres (Grande-Bretagne) 2012 et Rio 2016 (Brésil) voit enfin le bout du tunnel. Surtout, elle pourra enfin remettre la cuirasse de l’Algérie à l’occasion de la Coupe du Monde à Saint-Mar-des-Fossés.
Un « comeback » désormais officiel avec l’EN que l’athlète espérait certainement. La Fédération algérienne de la discipline l’a rendu possible en l’invitant à tirer lors de cette épreuve parisienne. Ainsi,  la native de Kiev (Ukraine) tentera de retrouver des sensations avec ses coéquipières en sélection qu’elle accompagnera lors de cette compétition, à savoir les prometteuses Meriem Mebarki et Sonia Zeboudj. « Je vais retrouver l’équipe nationale officiellement. Cela me réjouit après tout ce que j’ai pu traverser. Je suis de retour d’une blessure compliquée. Maintenant, il reste du chemin pour essayer de retrouver mon niveau », nous a révélé –exclusivement-  l’athlète de 27 ans.

Pour un retour progressif

Pour sa part, le patron de la FAE a noté qu’« effectivement, Khelfaoui sera parmi nous pour l’étape de Saint-Maur. On va essayer d’aller doucement et voir ce que cela donne.» Pendant que Khelafaoui était blessée, d’autres athlètes ont pu s’affirmer sur le circuit. Le premier responsable de l’instance de l’escrime a notamment loué le potentiel de Meriem Mebarki qui se fait de la place et cumule de l’expérience malgré son jeune âge (16 ans). «Je pense que Mebarki aura un avenir prometteur. Ses résultats récents laissent augurer de belles choses pour elles. Même si, on ne va pas se mentir, les qualifications pour le T64 lors des Coupe du Monde c’est trop lui demander compte tenu du niveau dans ce genre de tournoi. On mise sur notre jeunesse pour les Championnats d’Afrique qui se tiendront à Bamako (Mali) en juin prochain.» Des exigences élevées par lesquelles la revenante Khelafoui est aussi concernée. D’autant plus qu’il faut beaucoup de temps pour retrouver son ancien niveau qui lui a permis d’atteindre la 21e place du classement universel en 2015. Le meilleur ranking de sa carrière pour celle qui a dégringolé à la 551e marche depuis qu’elle est à l’arrêt.

Fleuret algérien aux JO: ça sera « ric-rac » !

Par conséquent, en fleuret, il sera très difficile de qualifier des athlètes pour les Olympiades nippones reconnaît Bernaoui. « L’Afrique peut avoir une deuxième place si la Tunisienne Inès Boubakri, actuellement 4e mondiale, parvient à rester dans le top 16 d’ici septembre 2019. Ainsi, la première Africaine hors des 16es premières de la hiérarchie pourra prétendre à une présence lors des JO japonais.» Présentement, c’est l’Egyptienne Elsharkawi Yara (36e), talonnée par ses compatriotes Hany Noha (58e) et Mohamed Nora (59e), qui est en ballotage favorable. Mebarki pointe, pour sa part, à la 70e position et Zeboudj Sonia 73e. Nul ne peut donc nier que voir une fleurettiste à Tokyo sera miraculeux. Même Bernaoui le concède amèrement. Néanmoins, en une année et demie beaucoup de choses peuvent se passer. Surtout que l’encadrement de la FAE consent des efforts appréciables pour aider la discipline à aller de l’avant en misant sur la jeunesse. Le vécu des athlètes d’expérience pourrait être d’un précieux apport pour aider les Mebarki et Zeboudj a mûrir et poursuivre leur progression.