Par Milina Kouaci
Au moment où les syndicats autonomes revendiquent une amélioration du pouvoir d’achat, le Premier ministre, Aymen Benabderrahmane a indiqué, mercredi dernier, que le gouvernement était en passe de revoir la grille des salaires selon une approche participative et inclusive dans le cadre d’une large réforme du système de la Fonction publique. Une déclaration qui ne semble pas rassurer la Confédération des syndicats algériens (CSA) qui revendique la concrétisation matérielle de ses revendications.
Répondant aux questions des membres du Conseil de la nation, dans le cadre du débat du Plan d’action du gouvernement, le Premier ministre a indiqué que le gouvernement a pris au sérieux la question de la révision des salaires et l’a inscrite comme axe important dans son programme. Or, la situation sociale est «lamentable» et risque de nous mener vers une explosion sociale. Il faut prendre les dispositions nécessaires pour la «désamorcer», alerte Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste. «La rentrée a démontré que la situation sociale ne tolère plus de patience, vu que le pouvoir d’achat est en dégradation constante et les prix de produits de consommation sont en augmentation», ajoute notre interlocuteur. Il appelle le Gouvernement à prendre des mesures rapides et efficaces pour augmenter le pouvoir d’achat des travailleurs.
Préoccupé par la situation sociale des travailleurs suite à l’érosion du pouvoir d’achat depuis plusieurs mois, le Cnapeste, également membre de la Confédération des syndicats algériens, met en garde contre les répercussions négatives de la situation sociale qui prévaut dans le pays. «Les syndicats avaient proposé en solo ou dans le cadre de la CSA au gouvernement, et ce, depuis sept mois, de prendre des mesures urgentes visant à protéger le pouvoir d’achat du travailleur», ajoute le porte-parole du Cnapeste. A ses yeux, la rentrée sociale a démontré que la situation a atteint «un seuil catastrophique».
«On prévient depuis février 2021 que la situation est insupportable et qu’il faut ouvrir sérieusement le dossier des salaires. Nous avons accompagné notre revendication par une série de propositions», précise M. Boudiba. Il cite entre autres l’institution de nouvelles indemnités et la révision du point indiciaire. Plus explicite, il indique que le régime indemnitaire n’a pas été révisé depuis 2010 dans le secteur de l’Education. «Nous avons proposé d’instituer une indemnité de transport et de logement pour pallier la détérioration du pouvoir d’achat», indique notre interlocuteur. Dans ce sens, il estime que la déclaration du Premier ministre ne peut être suffisante pour rassurer les travailleurs qui attendent que leurs revendications soient exaucées sur le terrain.
Les syndicats autonomes se démarquent de toute responsabilité d’une éventuelle explosion sociale. «Nous avons mis en garde les Hautes autorités. Nous ne serons pas responsables d’une éventuelle explosion sociale», clame M. Boudiba.
«Les syndicats autonomes convoquent des AG en vue de réunions des bureaux nationaux des syndicats par la suite», fait savoir M. Boudiba, dans le cadre de la CSA. Pour rappel, la CSA a appelé récemment les autorités concernées à prendre des mesures rapides et efficaces pour augmenter le pouvoir d’achat des travailleurs en mettant en place un observatoire du pouvoir d’achat, chargé de donner les indicateurs réels de la hausse ou de la baisse des prix, puis l’estimation de la valeur de la dotation d’équilibre du pouvoir d’achat. <