L’info a ébruité depuis la défaite (2/3) contre le Cap-Vert au stade 5 juillet le 1 juin dernier. Une déroute qui a définitivement prouvé que Rabah Madjer, sélectionneur de l’équipe nationale, n’était pas maître de la situation. Six jours plus tard, sa bande a pris une nouvelle gifle contre le Portugal (3/0) à Lisbonne. Un match annoncé comme « historique » par le driver des Verts. Un rendez-vous qui mettra fin à son histoire avec l’EN même si, officiellement, ce n’est qu’aujourd’hui qu’il a été remercié.

Trois passages (1994-1995, 2001 -2002 et 2007-2008) sur le banc de la sélection d’Algérie pour trois échecs. Ça ne pouvait être pire. Jamais, un « technicien » n’a eu autant d’opportunités pour prouver son… incompétence. Comme craint, l’inventeur de la talonnade s’est, encore une fois, gouré. Il a échoué. Lamentablement.
Les prémices d’un cataclysme footballistique était déjà là pour celui qui avait prédit un déluge dans le cas où il cèderait les rênes techniques des «Fennecs». « Je ne vais pas démissionner, si je le fais je plongerai l’équipe dans la crise.
Je ne peux pas me permettre de lâcher l’équipe nationale dans de telles circonstances. Je ne vais pas démissionner maintenant », avait- justifié le successeur de Lucas Alcaraz après la défaite face aux Capverdiens. Trois semaines plus tard (22 jours plus précisément), son sort est scellé à l’issue de la réunion du Bureau Fédéral (BF) de la FAF.

La rue a décidé, les responsables se sont exécutés
Samedi, le nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS), Mohamed Hattab, a mis fin aux derniers espoirs de Madjer pour rester à bord. « Le sélectionneur national est un ancien grand joueur, c’est une icône du football, mais en ce qui concerne l’entraînement, ça ne lui a pas réussi, malheureusement. Il faut qu’on tire des leçons car l’équipe nationale doit donner de la joie et du bonheur au peuple. Comme vous savez, chez nous quand il s’agit de l’équipe nationale tout le monde se sent impliqué, jeunes comme vieux, donc voilà c’est une décision qui répond à tout cela», a reconnu celui qui a suppléé El-Hadi Ould-Ali à la tête du MJS.
Pour rappel, c’est ce dernier qui avait fait le forcing pour convaincre de l’aptitude de Madjer à coacher Yacine Brahimi et consorts. Ould-Ali n’a pas survécu au dernier remaniement ministériel et le technicien, qu’il s’est chargé d’introniser sur ordre des autorités, n’a pas pu résister aux contestations dont il a pu faire objet. Le public du temple olympique avait réclamé sa tête en début du mois, la FAF, sur recommandations étatiques (puis que le ministre a commenté l’éviction avant la structure footballistique), s’est exécutée pour licencier le Ballon d’Or africain 1987 dont le bilan de la dernière pige algérienne était famélique (3 victoires, 1 nul et 4 défaites).

Une erreur de casting à 7.12 milliards de centimes

Pour l’ensemble de son œuvre, Madjer a touché sept mensualités de 400 millions de centimes. Aussi, il a été dédommagé à hauteur de 800 millions de centimes (2 mois de salaire) après la rupture de son contrat. Un nationalisme vanté et un devoir (inaccompli) pour la modique somme de 36 millions de dinars (3 milliards et 600 millions de centimes). Rien que ça. Une erreur de casting chère payée. Surtout si l’on y ajoute les émoluments de ses adjoints Meziane Ighil et Djamel Menad qui ont perçu 180 millions de centimes/mois chacun. 360 millions multipliés par 7, cela donne un total de 2 milliards 520 millions. Le staff « made in Dz », concocté pour promouvoir le label local, est revenu à 7 milliards 120 millions de centimes pour l’instance fédérale. Des chiffres qui donnent le tournis pour des résultats à vomir. <