Le débat sur l’inclusion financière refait surface, deux ans après les premières opérations lancées en 2016 à l’adresse des épargnants et des détenteurs de fonds en dinars thésaurisés en dehors du circuit bancaire.

La première opération, baptisée «mise en conformité fiscale volontaire», s’est soldée par l’adhésion de 500 personnes, alors que l’emprunt obligataire a permis, au bout de ses six mois de mise en application, de capter 570 milliards de dinars.
Depuis octobre 2016, les opérations d’inclusion financière ont été mises en veille au profit du réescompte, de l’Open Market et depuis octobre 2017, par le financement non conventionnel. Les tirages par le moyen de la planche à billets étaient arrêtés à 3 585 milliards de dinars à fin juin dernier. Le retour à la situation de surliquidités par le moyen de la planche à billets, a fait ressurgir les anciennes formules, soft et moins risquées, portant sur la remise en marche des options d’inclusion financière, dont la finance islamique et le marketing bancaire à l’adresse des épargnants potentiels et les détenteurs de capitaux en dinars circulant en dehors du réseau bancaire. Hier, le ministre des Finances a procédé à cet effet à l’installation de l’Observatoire national de l’épargne, à l’occasion de la Journée mondiale de l’épargne, célébrée en Algérie cette année sous le thème « L’épargne, pierre angulaire de l’inclusion financière ». L’épargne revient ainsi sur le devant de la scène comme enjeu économique d’importance capitale. Le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, s’est à nouveau adressé aux banquiers de la place, les invitant à développer les produits d’épargne pour attitrer la masse monétaire qui circule dans le circuit de l’informel. Il s’agit d’un gisement riche de 4 800 milliards de dinars dont les petites épargnes des ménages qui échappent également au système financier et qui tourne autour de 2 000 milliards de dinars, à en croire le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Loukal.
Pour s’investir davantage dans l’inclusion financière et produits de captage des ressources « dormantes », le gouvernement avait annoncé le projet de doter les banques publiques de fenêtres dédiées à la finance islamique. Mais pas seulement.
Il était question aussi qu’il lance un second emprunt obligataire adossé aux préceptes de la finance islamique sous forme de sukuk. Les deux projets ont été ajournés, faute d’un règlement de la Banque d’Algérie qui semble désormais fin prête pour libérer le texte réglementaire devant régir la commercialisation des produits de la finance islamique. Selon le gouverneur de la Banque centrale, le règlement qui devrait réglementer la commercialisation des produits alternatifs (produits de la finance islamique) sera publié avant la fin de l’année en cours. « Le règlement sera promulgué courant novembre et les banques qui se sont déclarées aptes et prêtes à commercialiser ce produit pourront le faire », a-t-il promis. Il n’a, cependant, soufflé mot sur l’autre projet qui devait améliorer les rendements en matière d’épargne et de canalisation de l’argent de l’informel vers les banques et qui portait sur la révision à la hausse des taux d’intérêts bancaires. Ces derniers sont pour le moins infimes, se situant à 2 et à 3% de la valeur des dépôts, soit bien au-dessous du taux de l’inflation, ce qui n’est pas de nature à encourager l’épargne et lutter contre la thésaurisation. Pis encore, la situation des dépôts et des caisses d’épargne fait ressortir que la moitié des capitaux déposés au niveau des banques ne sont pas rémunérés, car ces capitaux sont enfermés dans des comptes courants non rémunérés, ce qui serait un handicap à la politique de soutien à l’épargne et à la mobilisation de l’argent des épargnants au bénéfice de l’économie. Pour ainsi dire, le gouvernement a encore du pain sur la planche pour voir enfin l’argent quitter les circuits de l’informel vers le réseau bancaire. <