Si jusqu’ici les éleveurs d’ovins ont résisté à la cherté de l’orge, 3 500 DA le quintal, indispensable pour une bonne conduite de leurs activités, cette fois, avec l’envolée des prix de cet aliment du bétail à 7 000 DA/q, de nombreux acteurs de cette filière ne savent plus à quel saint se vouer.

Par Bouzid Chalabi
Le désarroi s’est emparé des éleveurs depuis que le cours de l’orge est devenu hors de leur portée. Après des années de résistance face à la montée progressive des prix sur le marché local de l’orge, ils ne semblent plus, aujourd’hui, en mesure de mener leurs activités comme il se doit. Mais ce qu’ils déplorent le plus c’est le fait que l’orge subventionnée par l’Etat qui leur est consacrée prend beaucoup plus le chemin de la spéculation. Bien que le ministère de l’Agriculture et du Développement rural ait tenté à plusieurs reprises de réguler le marché de l’orge en mettant en place un système de quota, afin que les éleveurs disposent de cet aliment à un prix convenable. Un rationnement qui n’a pas été du goût des éleveurs d’ovins dans le sens où ils jugent que les quantités qui leur sont proposées sont très en deçà de leurs besoins d’élevage. Sur ce dernier point, le président de la Fédération des éleveurs d’ovins, Djilali Azzaoui, a confié à Reporters que «pour combler l’écart dans sa demande, nous nous trouvons contraints de nous approvisionner au marché parallèle depuis que l’orge est devenue matière à spéculation». Et notre interlocuteur de lâcher dans la foulée : «La spéculation a encore de beaux jours devant elle tant que le système de quota ne sera pas appliqué à la lettre. C’est à ce niveau que des dérives se déroulent en toute impunité. En clair, des indus éleveurs se voient livrés des quantités d’orge qui ne correspondent pas à leurs besoins réels. Pis encore, ce sont souvent des étrangers à la profession d’éleveur d’ovins.» On apprendra également que les éleveurs restent sceptiques depuis qu’ils ont appris que dans plusieurs régions du pays, où la culture de l’orge est prépondérante, la récolte affiche des rendements insignifiants. «Du coup, l’orge va manquer», a avoué le ministre de l’Agriculture lors de l’une de ses dernières sorties sur le terrain. C’est d’ailleurs ce que redoutent le plus les éleveurs car l’alternative du fourrage d’appoint s’est éloignée pour cause de la sécheresse qui a sévi. Et pas seulement, dès lors où une tension sur le chaume s’est déjà installée. En somme, l’horizon s’est assombri chez les acteurs de la filière ovine. Nombreux sont ceux qui misent sur l’Aïd dans l’espoir de fixer la barre dans la vente de son cheptel qu’il va consacrer à cette occasion. C’est du moins ce qu’ils visent. Reste à savoir si une telle opportunité va se présenter ? <