La fête de l’Aïd-el-Kébir frappe à la porte et de nombreux Algériens au pouvoir d’achat modeste n’ont toujours pas acheté le mouton pour l’occasion, en raison des prix élevés, dans les différents points de ventes. L’évènement intervient à la fin des vacances d’été, à un moment où le porte-monnaie est sérieusement affecté.

Il n’est pas assez rempli, en tout cas, pour pouvoir payer comptant les fournitures scolaires, la rentrée scolaire approchant à grands pas. Mais, chaque Algérien va se débrouiller du mieux qu’il peut pour acheter ce dont ont besoin ses enfants scolarisés quitte à s’endetter. Ainsi, tout semble indiquer que la rentrée se fera cette année dans un contexte économique toujours difficile qui pèse sur les finances de l’Etat, et marqué par une envolée des prix à la consommation et une érosion du pouvoir d’achat de la majorité de la population. Cela pourrait conduire à une tension au plan social. Théoriquement, pour le gouvernement en place, la rentrée s’annonce particulièrement chargée, et les décideurs politiques ne pourront pas faire l’économie de remettre les sujets de la rentrée à plus tard. Toutefois, et pour le moment du moins, l’Exécutif ne fait pas de grandes annonces sur ce qu’il allait faire, ne prévoyant pas de tenir de réunions pour s’assurer qu’il n’y a rien d’urgent. Pas de tripartite en perspective ! Pas de mesures particulières. Aux dires de beaucoup, il n’y a pas de raison objective d’envisager des mesures tout de suite, maintenant. Il est vrai que, pour l’instant, le calme règne à tous les niveaux et les syndicats autonomes observent une sorte de trêve, ne souhaitant pas, semble-t-il, faire figure de rabat-joie, et nuire à la quiétude sociale. Mais rien n’indique qu’ils ont rendu les armes, ils pourront à tout moment revenir sur le devant de la scène, reprendre le slogan revendicatif, car la conjoncture économique leur donne du grain à moudre. Et, le gros cahier de revendications n’a jamais été remanié chez les syndicats autonomes. L’amélioration des salaires et du pouvoir d’achat, y occupent une place essentielle. Il est cependant difficile, du point de vue du gouvernement, de satisfaire les revendications des syndicats, parce que les finances de l’Etat ne le permettent pas actuellement. Pour certains, il serait mal venu, dans le contexte d’aujourd’hui, dans une économie où la productivité est faible, de relever les salaires. Il faut certainement se garder de penser que le tout salarial est une réponse adéquate, non seulement parce que coûteuse et de plus pas nécessairement efficace. Le salaire est certainement un élément important d’une stratégie économique et sociale mais il est évident qu’il faille agir sur une panoplie de mesures d’accompagnement. Des actions ciblées de nature à améliorer les conditions de travail, à élever le niveau de compétence des travailleurs et cadres, à assurer leur formation, leur qualification, leur recyclage doivent être consentis dans le monde du travail, cela fait partie également d’ailleurs des revendications élaborés par les syndicats. Ces actions dans leur ensemble peuvent être réalisées à travers un certain nombre d’institutions dont les mutuelles et également par le biais des partenaires sociaux. Elles peuvent apporter de la sérénité. Le problème est que le gouvernement ne fait rien d’utile en ce sens. Pourtant, dans de nombreux pays où le système de formation est adéquat, ces actions sont menées en partenariat avec les partenaires sociaux. L’ensemble de ces actions reflète manifestement une approche politique de longue haleine, fruit d’un partenariat mené avec persistance entre les acteurs sociaux et l’Exécutif. Il ne s’agit surtout pas d’une politique improvisée.