La ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables s’est déplacée, jeudi dernier, à Oran, pour une visite de terrain et participer, au Sheraton d’Oran, à une journée d’étude régionale sur la fiscalité locale.

Fatma-Zohra Zerouati, qui a assisté aux travaux de cette journée, initiée par l’Assemblée populaire de wilaya (APW) d’Oran en collaboration avec le Club des entrepreneurs et investisseurs, a longuement défendu l’impôt local et sa collecte, une «opération nécessaire» au financement des «opérations des collectivités locales, notamment en matière d’environnement et de gestion des déchets», a-t-elle indiqué lors de son intervention et face à la presse.
Selon la ministre, il s’agit pour les élus locaux d’expliquer à leurs électeurs que l’impôt local est un outil de gestion important des affaires de la cité et que le contribuable devrait en prendre en conscience, «sans compter le fait qu’il doit être lui aussi un agent actif dans la préservation du milieu et de la propreté dans nos villes et cités». Mme Zerouati a estimé nécessaire que les élus locaux bénéficient de formation «afin d’améliorer leur gestion» et gagner en performance. «Le recouvrement de la fiscalité locale peut régler des problèmes dont souffre l’environnement, améliorer le cadre de vie, créer une croissance et offrir des opportunités aux investisseurs», a-t-elle déclaré en ouverture de la séance des travaux de la rencontre régionale.
La ministre, qui a semblé porter également la parole du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, a considéré comme «impossible d’améliorer la gestion des affaires des collectivités locales et de la cité sans une vision claire de la fiscalité locale» et «sans un climat d’investissement propice».
Mme Zerouati s’est montrée particulièrement préoccupée par la faiblesse du recouvrement de la fiscalité, «qui reste dérisoire», a-t-elle déploré avant d’appeler les élus de l’Oranie, venus participer à la journée d’étude, «à user des prérogatives dévolues aux communes en matière de fiscalité» et à trouver les moyens de «collecter une ressource indispensable», alors que la collecte et la gestion des déchets, aujourd’hui, devient problématique et polémique : des quartiers entiers croulent sous les ordures, des centres d’enfouissement menacés de saturation et des associations pas assez visibles sur le terrain par rapport à l’ampleur du problème. A propos de l’action associative, la ministre de l’Environnement a indiqué que «toutes les wilayas ont bénéficié de sessions de formation qui ont touché plus de 600 associations», alors qu’elle présidait une cérémonie de remise de diplômes à 25 associations locales, au siège de la direction régionale de l’environnement à Oran. Mme Zerouati a, par ailleurs, procédé au lancement officiel des travaux de réhabilitation de la décharge sauvage d’El Kerma à l’est d’Oran : un immense chantier de dépollution, de nettoyage et de revalorisation d’un montant de 200 milliards de centimes échelonnés, pour un site qui s’étend sur plus de 80 hectares et qui représente un cloaque géant au même titre que la Sebkha, marais salant, site humide d’importance, malheureusement, transformé en décharge à ciel ouvert.
Pour cet endroit, il est prévu des opérations de réhabilitation dans cadre du programme du ministère de l’Environnement, qui vise à faire disparaître les dépôts sauvages de déchets industriels et domestiques. «3 000 points noirs ont été éradiqués», a indiqué la ministre à ce sujet. Pour le site d’El Kerma, l’Agence nationale des déchets (AND) est le maître d’ouvrage de cette opération, qui doit être concrétisée dans un délai de 16 mois, selon les données techniques présentées par les responsables du chantier.