Propos recueillis par Milina Kouaci
Reporters : Les épreuves du baccalauréat ont débuté hier et se poursuivent jusqu’à jeudi prochain. Quelle appréciation faites-vous du déroulement de l’épreuve au premier jour ?
Zoubir Rouina :
Les épreuves se sont déroulées dans de bonnes conditions. Les candidats ont assuré que les épreuves de la matinée étaient abordables et à leur portée.
Sur le plan organisationnel, le ministère de l’Education a pris des mesures exceptionnelles en vue d’assurer le bon déroulement de cet examen. Compte tenu de la conjoncture sanitaire induite par la propagation du nouveau Coronavirus, je peux affirmer que le protocole sanitaire approuvé par le ministère de la Santé en vue de protéger les candidats et garantir la réussite de cet examen a été appliqué et respecté.
En ce premier jour, qui s’est déroulement convenablement, aucune anomalie ou incident portant atteinte à la crédibilité de cet examen n’a été signalé. Par contre, nous regrettons le recours aux coupures internet pour sécuriser le bac, pénalisant les abonnés, ce qui n’est pas acceptable.

D’autant que le ministère a introduit des dispositions dans le code pénal criminalisant toute fraude dans les concours et examens nationaux…
La fraude dans les épreuves du bac n’est pas un problème purement algérien, mais couper internet pendant une heure à chaque épreuve est une situation désobligeante pour les usagers d’internet. Il faut remédier à cette situation et trouver un autre moyen pour gérer ce problème sans porter atteinte aux droits des citoyens ou pénaliser les abonnés d’internet. Il ne faut pas oublier qu’une semaine de déconnexion coûte cher aux sociétés dont l’activité principale repose sur internet. Leurs pertes sont énormes et le citoyen lambda est privé de son droit à l’accès à internet.

Que faire pour remédier à ce problème de fraude ?
Le mal est profond. La fraude est répandue dans tous les examens nationaux et concours de recrutement, y compris ceux de promotion.

Avez-vous abordé le sujet de la sécurisation des examens nationaux avec la tutelle ?
C’était l’un des chantiers retenus par Noria Benghebrit lorsqu’elle était ministre du secteur, et la réforme du Bac dans le but d’améliorer le système national d’examen. Le ministère de l’Education proposait de réduire la durée de l’examen ou encore d’introduire un contrôle continu à partir de la 2e année secondaire. Mais le CLA a toujours considéré que la réforme du Bac n’est qu’un élément de la réforme du secondaire et la volonté de réduire la durée du bac à deux ou trois jours au lieu de cinq répond à des considérations politiques et économiques pour le coût de l’organisation et non pour des considérations pédagogiques.
Nous regrettons que la fraude soit devenue la règle et non l’exception. Nous devons habituer nos enfants à la concurrence honnête dès leur jeune âge pour bannir cette pratique. Il est insensé d’attendre la veille d’un examen crucial pour mettre en garde contre la fraude et perturber les candidats.