Le verdict annoncé hier par le tribunal administratif de Bir Mourad Raïs de dissolution de RAJ, a été accueilli avec stupeur par les milieux associatifs et militants des droits de l’Homme. L’avocat et président de la LADDH, Nourredine Benissad, estime dans cet entretien que les griefs retenus contre RAJ ne sont pas fondés.

Propos recueillis par NAZIM B.
Reporters : La justice a prononcé hier mercredi la dissolution de l’association RAJ. Comment avez-vous reçu cette nouvelle ?
Noureddine Benissad : Cela m’attriste qu’une association comme RAJ, qui existe depuis près de trente ans, soit dissoute. C’est un capital de militantisme dans le domaine qui est le sien à qui on tord le cou. C’est un jour sombre pour le mouvement associatif.

Quelle lecture faites-vous des griefs retenus contre RAJ ?
Les griefs reprochés à l’association RAJ ne sont pas fondés. On n’efface pas d’un revers de la manche un instrument de promotion citoyenne. RAJ ne prône ni la violence ni la haine, ni le racisme ou la discrimination.

La décision n’est pas exécutoire. Y a-t-il un espoir que la dissolution de l’association ne se traduise pas dans les faits ?
L’association peut faire appel devant le Conseil d’Etat qui va statuer en dernier ressort. L’appel devant le Conseil d’Etat n’est pas suspensif, sauf si RAJ demande un sursis à exécution devant ledit conseil. Bien entendu, il faut que ce dernier accède à sa demande.

Une telle décision ne va-t-elle pas à contre-sens de ce qu’énonce la Constitution en matière de libertés publiques et d’encadrement du mouvement associatif ?
La Constitution et les conventions internationales relatives aux droits de l’Homme ratifiées par l’Algérie consacrent et garantissent l’exercice des libertés collectives, notamment la liberté de s’organiser, de se réunir, de manifester et de s’exprimer. Il y a un décalage entre les textes et les pratiques. Les droits ne sont jamais acquis, ils se défendent au quotidien. L’Etat de droit, c’est le respect absolu de la Constitution, des engagements internationaux et des lois qui en découlent.