Reporters : Vous êtes membre de la commission scientifique. Avez-vous eu des nouvelles de l’état de santé du Président ? A-t-il une équipe médicale spéciale ?
Mohamed Bekkat Berkani : Non. Je n’ai pas de nouvelles. Mais, concernant l’équipe médicale, je vous fais savoir qu’un staff médical est passé à la présidence de la République. Ce dernier a pris des mesures préventives, entre autres, l’isolement du Président de la République et de son équipe. Il s’agit d’une simple mesure de précaution, puisque le président Tebboune n’est pas testé positif.
Cependant, ce qu’il faut souligner là et saluer surtout, c’est la communication qui a été faite par la Présidence. C’est la première fois depuis l’Indépendance qu’un Président communique sur son état de santé. C’est une avancée. D’habitude, l’état de santé des chefs d’Etat reste un secret. Ce n’est d’ailleurs pas seulement en Algérie mais dans la plupart des pays du monde. On remercie les hautes autorités pour cette transparence bien qu’il s’agissait d’une simple mesure de précaution.

Sur la question du dépistage, où en est-on ? Comment ça se passe et quelle est la moyenne des tests par jour ?
Il faut savoir qu’on a encore un nombre limité de tests qui a été réservé aux gens qui sont symptomatiques. Quant aux autres, ils se dirigent vers d’autres types de dépistages directs et indirects, tels que le scanner. Tandis que certains ont recours aux laboratoires privés pour environ 14 000 DA.

Les services de la Covid-19 dans les établissements sanitaires sont en alerte encore une fois. Quel est votre commentaire ? A votre avis, y a-t-il risque d’une deuxième vague ?
Quand on passe par une tendance haussière du nombre de cas, il est normal de mettre en alerte toutes les dispositions qui ont été prises depuis avril et plus ou moins démobilisées suite à la diminution de cas de contamination. Il faut qu’on apprenne à se préparer à une autre hospitalisation. Car il est important de savoir qu’en Algérie, on n’est pas à l’abri, une deuxième vague est une option à ne pas écarter.

Depuis la reprise scolaire, mercredi dernier, avez-vous eu de nouveaux éléments qui vous ont interpellé ?
Je crois qu’il est encore tôt pour s’exprimer sur les conséquences. Pour le moment, aucun élément de suspension n’a été enregistré. Au contraire, la rentrée scolaire s’est faite dans de bonnes conditions. Au sein du comité, on était d’accord pour la reprise scolaire et on a établi un protocole sanitaire qui a été respecté d’ailleurs, du moins jusqu’à maintenant.

Plusieurs mois après la survenue de la pandémie, vous appelez toujours à la vigilance. Pourquoi les appels de sensibilisation ne trouvent-ils pas d’échos ?
Pour la lutte contre la Covid-19, les autorités ont fait ce qu’elles peuvent. Elles ont accompli leur mission. Maintenant, c’est aux citoyens de faire preuve de citoyenneté. Ce que nous notons, malheureusement, c’est la négligence et le non-respect des gestes barrières, surtout par les hommes. Je crois qu’il est temps de remobiliser l’intérêt pour les gestes barrières et en particulier le port du masque. Cela, si nous ne voulons pas rentrer dans un reconfinement partiel ou encore total.