Propos recueillis par NAZIM B.
Reporters : Le Président de la République a donné, dimanche, des instructions pour l’ouverture d’un dialogue avec le partenaire social. Comment l’avez-vous accueilli au niveau du Snapest ?
Meziane Meriane : Un dialogue social est une concertation entre employeurs et représentants des fonctionnaires sur les questions d’intérêt commun – salaires, conditions de travail, emplois. Il faut signaler que depuis plus d’une année et demie aucune rencontre de négociation ne s’est tenue au ministère de l’Education. Pire, des dossiers ont été déposés suite à un constat et des preuves sur le blocage dans certaines académies et, curieusement, la tutelle n’a pas daigné envoyer de commission d’enquête. Négocier avec la tutelle sur des dossiers lourds tels que le pouvoir d’achat ? La réponse est connue : ce n’est pas dans ses prérogatives. Donc autant organiser une rencontre avec ceux qui ont le pouvoir de décision.

Une méfiance marque cependant l’attitude de l’ensemble des organisations syndicales après l’offre de dialogue émanant du Président. Pourquoi ?
Les bases syndicales sont décidées d’aller de l’avant pour l’amélioration de leur quotidien. Il faut des négociations sérieuses qui aboutissent à des résultats concrets. Nous ne pouvons plus accepter un dialogue sans lendemain. Il est nécessaire d’ouvrir une nouvelle page dans les traditions de dialogue.

Quel format de dialogue préférez-vous pour faire avancer les revendications que vous portez depuis des années ?
Une formule directe avec ceux qui possèdent le pouvoir de décision. J’ai toujours suggéré l’idée d’associer un représentant de la Fonction publique et un représentant du Chef du gouvernement. Lorsqu’on se retrouve au ministère de l’Education pour des négociations jamais les doléances n’ont été satisfaites.
Si nous devons identifier les principales revendications dans le secteur de l’Education, quelles sont celles à émettre en priorité ?
Les principales revendications sont la carrière et la retraite de l’enseignant. C’est une aberration d’avoir une retraite calculée sur 32 ans de service et exercer 40 ans de service. Le pouvoir d’achat qui est érodé par une inflation galopante et incontrôlée et qui a ingurgité toutes les augmentations arrachées par des années de lutte des syndicats autonomes. Après la promulgation du statut particulier, en 2012, on a constaté beaucoup d’incohérences. Après des années de lutte on a arraché sa réouverture pour corriger les bavures, une commission mixte ministère-syndicats s’est penchée sur le dossier. Il a été finalisé, mais a été mis au fond d’un tiroir.

Nous avons constaté, ces dernières semaines, des grèves dans le secteur de l’Education à l’appel de collectifs, nouveaux dans la contestation syndicale, mais qui réussissent leur débrayage. Quelle appréciation en faites-vous ?
Il n’y a pas de collectifs nouveaux, ce sont les bases des différentes structures syndicales qui s’organisent sans couverture syndicale. C’est leur stratégie pour ratisser large. Que de nouveaux syndicats viennent défendre les intérêts sociaux professionnels des fonctionnaires, cela ne peut que nous réjouir.

Par ailleurs, il y a eu un mouvement à l’initiative de trois syndicats, Satef, Unpef, CLA. Pourquoi le Snapest n’est pas dans cette alliance ? Des divergences sur le mode de contestation ou de fond ?
Aucune divergence. Pour la journée, on a pris le temps de consulter le bureau national, par la suite, on a signé un communiqué avec 14 syndicats, y compris ceux que vous avez cités, pour une grève de trois jours, les 9, 10 et 11 mai 2021, dont le préavis de grève a été déposé le jeudi 29 avril 2021.