Après sa rencontre avec le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale Mohamed El Ghazi, l’Intersyndicale a quand même tenu ses sit-in régionaux.

Messaoud Boudiba, porte-parole du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique et partie prenante de l’Intersyndicale, nous indique dans cet entretien que d’autres actions vont être menées si aucune solution n’est donnée par le Gouvernement, tout en affirmant avoir des idées pour les problèmes des syndicats.

Reporters : L’Intersyndicale a initié, samedi dernier, des sit-in régionaux dans quatre wilayas différentes. Comment évaluez-vous ce mouvement ?
Messaoud Boudiba : Les sit-in régionaux ayant eu lieu à Batna, Ouargla, Blida et Oran ont été une véritable réussite. Ils étaient des milliers de travailleurs à y participer au niveau des quatre wilayas citées. Ceci est un message fort pour le gouvernement. Les travailleurs ne sont pas d’accords avec les décisions prises sans la consultation de leurs représentants qui sont les syndicats autonomes.

Après les grèves, voilà que l’Intersyndicale modère son mouvement de protestation, pourquoi le choix de sit-in ?
Nous avons entamé notre mouvement avec des grèves appuyées par des sit-in et là, on a décidé d’entamer une autre stratégie pour dire que nous sommes toujours sur le front. Les décisions relatives aux actions à venir se font après la consultation de l’ensemble des syndicats membres de l’Intersyndicale. Ce n’est pas uniquement le Cnapest qui décide. D’ailleurs, une réunion est prévue le 4 février prochain et aura pour objet de définir la stratégie à venir. Il n’a jamais été question de modérer notre mouvement.

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a convié récemment les syndicats à une rencontre en vue d’ouvrir les portes du dialogue. Comment évaluez-vous cette initiative ?
L’Etat n’avait pas d’autres solutions que d’ouvrir le débat avec les syndicats autonomes. Le gouvernement a enfin compris qu’il était temps de changer de stratégie et d’aller vers le dialogue avec les partenaires sociaux. La rencontre initiée par le ministre du Travail, Mohamed El Ghazi, est un point positif mais on aurait préféré que cela se fasse avant l’adoption de la réforme de la retraite. 

Cette réforme a été adoptée, pensez-vous pouvoir faire changer les choses maintenant ?
L’Intersyndicale n’a pas abandonné sa revendication principale, qui est l’ouverture du débat autour de la réforme de la retraite, même si cette dernière a été adoptée par l’Assemblée populaire nationale. Le président de la République a dans ses prérogatives la possibilité de rouvrir le débat sur la loi, donc cela n’est pas impossible

En parlant de débats, l’Intersyndicale a-t-elle des solutions à proposer ?
Nous avons des arguments solides qui prouvent que ce n’est pas la retraite sans condition d’âge qui a engendré un déséquilibre dans la Caisse nationale des retraites (CNR). Le problème se situe ailleurs. Pourquoi alimente-t-on les pensions des fils de chouhada, ou encore des gardes communaux avec l’argent de la CNR ? La prise en charge de ces personnes ne doit pas se faire avec l’argent de la CNR.

La violence dans le milieu scolaire a atteint des proportions alarmantes. A votre avis, quelles mesures devraient être adoptées pour lutter contre ce phénomène ?
Le problème ne se pose pas au niveau des établissements scolaires mais à l’extérieur. Il devrait y avoir un protocole d’accord avec les autorités concernées, comme le ministère de l’Intérieur et celui de l’Education, pour assurer la sécurité des enfants une fois derrière le portail de l’école. A l’intérieur, il y a des lois et des personnes qui veillent sur les élèves mais une fois dehors, les enfants sont livrés à eux- mêmes. Il faut penser à instaurer la présence des forces de l’ordre devant chaque établissement scolaire.