Entretien réalisé par Sihem Bounabi
Reporters : Suite à la réunion de travail avec le ministère de la Santé, le Snapo a annoncé la suspension de la grève prévue pour le 28 février. Peut-on en savoir plus sur les raisons qui ont conduit à cette décision ?
Dr Messaoud Belambri : Tout d’abord, je tiens à souligner que le Snapo ne s’inscrit pas dans une logique de délai. Le plus important pour nous c’est que le dialogue soit ouvert et qu’il se fasse dans un cadre de travail regroupant le ministère de la Santé et les membres du bureau national du Snapo dans un esprit de concertation et de transparence. Je tiens à rappeler que notre objectif, à travers le mouvement de contestation qui a mobilisé toute la corporation, était depuis le début de revendiquer que tous changements se fasse dans un cadre consensuel et de concertation et exprimer nos craintes par rapport à l’avenir de la profession du pharmacien d’officine. Mais suite à la réunion de travail avec le ministère de la Santé, toutes les assurances nous ont été données quant à l’absence d’un projet déjà existant et de toute révision des textes concernant l’exercice de pharmacien d’officine. Par conséquent, du moment que les portes du dialogue avec le ministère de la Santé sont ouvertes et que le groupe de travail mixte a été officiellement installé, concrétisant ainsi le fait que la réflexion et le travail se feront dans un cadre de concertation, c’est tout naturellement que l’on s’inscrit plutôt dans une logique de discussion et de réunion pour élaborer les nouveaux textes, que ce soit ceux ayant trait à l’élaboration des textes d’application de la loi sanitaire 2018 ou ceux ayant trait à la révision de la réglementation des pharmaciens d’officine.

Justement, vous dites qu’il y aura révision en concertation avec le Snapo. Sur quoi porteront précisément ces changements ?
Comme précisé dans le communiqué du Snapo, diffusé suite à la réunion de dimanche avec le ministère de la Santé, le premier point est que les travaux de ce groupe vont porter sur l’élaboration des textes d’application de la loi de la santé 2018. Les discussions vont ainsi notamment porter sur le statut des pharmaciens d’officine et des pharmaciens assistants. Il s’agit également de travailler sur le dossier de l’exercice professionnel proprement dit du pharmacien titulaire au niveau de son officine. Il s’agit d’aborder tous les détails de cet aspect, c’est-à-dire les attributions, les prérogatives, ce qu’il est habilité à faire, les modalités de son remplacement, les services de gardes et les services liés à la santé, en quelque sorte, la définition du statut. De ce fait, il s’agit également d’élaborer le statut des pharmaciens assistants en matière de responsabilités.
En deuxième point, une réflexion sera menée sur la réforme ou la modification des textes régissant les pharmaciens d’officine en matière d’ouverture, de répartition géographique, des transferts, de cessions et de fermeture. Il s’agit également de revoir les définitions des zones enclavées et des zones urbaines.
En résumé, il s’agit de mener une réflexion avec tout ce qui a un rapport avec l’ouverture des officines, leur implantation et leur répartition géographique dans le cadre de la carte sanitaire en fonction des besoins de la population.

Finalement, quels sont les points que vous allez défendre dans le cadre de ce groupe de travail en collaboration avec le ministère de la Santé et quels sont ceux que vous pensez qui ne peuvent pas être changés ?
Au Snapo on défend le principe de l’exercice de la profession du pharmacien d’officine dans le respect de l’éthique et de la déontologie en lui attribuant la place qu’il mérite dans le système de santé et qu’on inscrive les services fournis par l’officine comme étant des services de santé en adéquation avec les réels besoins de la population. Cela en complémentarité et en continuité des restes des services de santé, par rapport à la prescription, à la consultation et la prise en charge de nos concitoyens et des malades au niveau des structures de santé hospitalières. On considère le pharmacien d’officine comme une continuité du service public et de ce fait les équilibres et les besoins doivent être respectés. Il ne s’agit pas de ne pas vouloir que certains points ou dossiers ne peuvent pas être changés, mais ce qui est important pour nous, c’est de s’inscrire dans une logique d’équilibre entre les prestation assurées par les pharmaciens d’officine et les véritables et réels besoins du terrain en matière de santé, c’est-à-dire de la population. Ce qui est le plus important pour nous, c’est de respecter les besoins réels de la population et des répartitions géographiques équilibrées et raisonnables.