Reporters : Quel constat font les agences de voyage du déroulement des saisons touristiques en Algérie cette année ?

Lyes Senouci : Si l’on se réfère au ministère du Tourisme, qui a avancé un chiffre de 1,8 million d’estivants pour le touriste local, des avancées ont été réalisées par rapport aux saisons précédentes. Les échos nous renseignent sur une saison réussie sur tous les plans. Un engouement meilleur que les années précédentes a été enregistré, mais il faut quand même prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la réussite de la prochaine saison estivale en prévision de touristes étrangers qu’on attend toujours.

Qu’en est-il du tourisme saharien ?
La destination du Grand-Sud est particulièrement prisée cette année par rapport aux saisons précédentes. Le problème est que pour se rendre au Sud, il faut prendre l’avion. Malheureusement, il n’y a pas assez de place pour tout le monde.

Vous n’avez pas demandé aux compagnies aériennes d’augmenter les rotations vers le Sud ?

C’est du ressort et des prérogatives des compagnies aériennes. J’ignore si l’incompétence de satisfaire les demandes est liée à un problème de flotte ou un manque de personnel navigant.

Que recommandez-vous, en tant que professionnel, pour remédier à ce problème ?

Il faut savoir que le prix du billet d’avion pour le Sud se négocie à partir de 28 000 DA. Un prix relativement hors de portée des petites bourses qui ne pourront pas s’offrir un séjour au Sahara. C’est vrai que le Sud n’a pas besoin de grands hôtels pour recevoir des touristes, mais quand même. Néanmoins, si on arrive à résoudre la disponibilité et la cherté des billets, on aura inéluctablement des résultats meilleurs.

Où vont les Algériens pour les fêtes de fin d’année ?

Nous avons pratiquement deux profils et catégories. Celle des jeunes qui aiment se rendre en Tunisie et une autre catégorie, aisée, qui peut se permettre un séjour de 50 000 à 60 000 DA au Sahara.

Qu’en est-il de touristes étrangers ?

Pour le moment, il faut faire du Grand-Sud un « laboratoire de tourisme » destiné à la consommation interne. Mais pour le tourisme de demain, il faut d’abord une maîtrise interne et locale. Pour la promotion de la destination Sud, il faut zéro faute dans le sens des services prodigués, des conditions d’accueil, etc. Il ne faut pas se précipiter et risquer d’esquinter le tourisme au Sud. Il faut donner envie au touriste étranger de revenir.

Que faire pour le déclic de la destination Algérie ?

Il faut d’abord mettre en place une politique à court, moyen et long termes, pour être en mesure de promouvoir la destination Algérie. Le développement du tourisme est l’affaire de tous, à commencer par les autorités compétentes pour arriver aux différents acteurs et professionnels impliqués dans le secteur. L’Algérie avec son potentiel touristique est une réalité, mais en tant que destination touristique, elle n’est pas suffisamment connue. On s’est occupé à développer le secteur énergétique au détriment des autres secteurs.