Krimo Salem est le fondateur d’If & Then, Inc., une société privée en Californie qui développe des services de gestion ayant trait à la troisième dimension de l’entreprise : l’efficience et « l’éco-intelligence ». Il a été cofondateur et conseiller de plusieurs entreprises de Silicon Valley, dont notamment Traveling PC, Webex et PostX (vendues à Cisco), Jareva (vendu à Veritas).

Il a également été Directeur des systèmes d’information d’Intellisync (rachetée par Nokia en 2002) dans laquelle il a joué un rôle prépondérant pour la vente de la société. Krimo a occupé des postes clé dans le management des sociétés Adobe Systems Inc et Oracle Corporation à leur début.

Reporters : Comment les technologies numériques peuvent-elles être un vecteur de développement pour un pays comme l’Algérie ?
Krimo Salem : Je préfère le mot technologie de la connaissance. Pour que les Algériens puissent en profiter, il faut d’ores et déjà se mettre au diapason. Il faut commencer à étudier les technologies des connaissances comme l’intelligence artificielle, l’apprentissage machine, les algorithmes ; ces dernier sont l’acteur principal. Les Algériens ont des aptitudes en mathématiques, il ne faut pas se borner à apprendre le passé, il faut aller vers l’avenir. Pour créer un effet positif et lancer des start-up innovantes et des emplois de qualité, il faut se mettre dans les nouvelles technologies, les technologies des connaissances. Je crois qu’il faudrait cultiver l’intelligence, et les Algériens en sont capables.

L’Algérie qui connaît quand même des retards en matière de pénétration Internet et du paiement électronique, ne croyez-vous pas que c’est un frein au développement ?
C’est un frein virtuel. C’est vrai, qu’en Algérie l’environnement n’est pas très facile, mais il n’est pas indépassable, surtout si on agit localement en pensant globalement. C’est-à-dire si demain il y a des solutions algériennes qui peuvent résoudre un problème d’une compagnie américaine ou française, ils vont avoir une grande valeur. Mon conseil aux jeunes, lorsque vous voulez vous lancer dans une start-up innovante, il faut faire de la concurrence au niveau global et international. La règle numéro un, c’est l’excellence. Il faut faire des produits qui ont une place à l’international. Et pour ça, il faut une formation continue. Aujourd’hui, tout est possible et à disposition. On peut se former via des vidéos, Standford University donne des cours gratuits sur le Net, Harvard aussi. Bien sûr, il faut apprendre l’anglais, c’est un passage obligé si l’on veut avoir droit au chapitre. Aujourd’hui, on peut s’autoformer, il ne faut plus attendre l’école ou l’université qui, souvent, sont en décalage avec les dernières avancées. Personnellement, je fais mes propres recherches en individuel. Autant de possibilité pour les jeunes, il suffit de s’y engouffrer.

Aujourd’hui, faudrait-il chercher les diplômes ou cumuler de la connaissance ?
Aux Etats-Unis, l’intervieweur d’une compagnie de recrutement vous demandera ce que vous savez faire, alors que dans d’autres pays d’Europe, il vous dira quels diplômes vous avez ? C’est ça, la différence et elle est de taille en termes de développement. Il ne faut pas se concentrer sur le diplôme, il faut se concentrer sur le savoir-faire, le know-how, c’est ça le plus important.
Recueillis par Adlène Badis