Propos recueillis par MILINA KOUACI
Reporters : Un large front national des syndicats autonomes de la Fonction publique a annoncé une grève nationale de deux jours, les 26 et 27 avril. L’Intersyndicale de l’Education, dont vous êtes membre, fait partie des signataires de l’appel…
Hayet Segueni : Absolument. L’Intersyndicale de l’Education nationale, la Confédération des syndicats algériens (CSA) et d’autres syndicats de la Fonction publique ont décidé d’observer une grève de deux jours, lors d’une réunion consacrée à la question du pouvoir d’achat des travailleurs qui font face à une explosion des prix des produits de large consommation. Nous nous attendons à une mobilisation massive des travailleurs qui ont manifesté leur désapprobation de la dernière augmentation salariale, qui n’a pratiquement aucun impact positif ni sur les salaires ni sur l’amélioration du pouvoir d’achat en constante dégradation. Outre les syndicats de l’Education, il y a aussi ceux de la Santé, de l’Intérieur et des Collectivités locales, des Finances, du Travail. Nous avons convenu de radicaliser nos actions si le gouvernement n’apporte pas une réponse positive à nos revendications.

Quelles sont les actions que vous allez entreprendre ?
Dans le cas où le gouvernement n’entend pas nos revendications, les syndicats de la Fonction publique, réunis samedi dernier, ont convenu de passer à des grèves de plus de deux jours. Et si le gouvernement ne réagit pas à nos doléances, nous allons organiser des marches.

Vous êtes un syndicat du secteur de l’Education. Lorsqu’une grève est annoncée dans ce secteur, les parents d’élèves expriment leur inquiétude par rapport aux heures d’enseignement perdues et du niveau des élèves…
Deux jours de grève n’impacteront pas le déroulement de l’année scolaire. Ajoutons à cela que 70% à 80% des parents d’élèves sont dans les différents secteurs de la Fonction publique. Si le gouvernement répond à notre plateforme de revendications, ce sont tous les travailleurs qui bénéficieront des conséquences de cet arrêt de travail et pas uniquement les protestataires.
Tous les travailleurs sont touchés par l’érosion du pouvoir d’achat, l’inflation ainsi que la hausse vertigineuse des prix des produits de large consommation. Et à cet appel à la grève, il n’y a pas que les enseignants qui répondront.

D’après un cadre du ministère des Finances, la nouvelle grille indiciaire représente une augmentation significative des salaires. Que répondez-vous à cela ?
Le décret 22-138 est clair. Il prévoit une augmentation de 50 points indiciaires. Le représentant du ministère des Finances prétend que les augmentations salariales commencent à partir de 4 500 DA et non de 2 000 dinars, comme l’indique la nouvelle grille indiciaire. Dans tous les cas, les travailleurs sont en colère car ils s’attendaient à des augmentations considérables, d’autant que le président de la République avait ordonné de réviser la valeur du point indiciaire et d’instituer des augmentations considérables de manière à améliorer le pouvoir d’achat.

Vous demandez de relever la valeur du point indiciaire à 100 DA…
Effectivement. Nous demandons de relever la valeur du point indiciaire, actuellement à 45 DA, à 100 DA, réviser le régime indemnitaire des fonctionnaires, la mise en place d’un observatoire national du pouvoir d’achat ainsi que l’ouverture du dossier des primes pour relever leur valeur et l’actualisation de la prime de zone sur l’actuel SNMG au lieu de celui de 1989.