Reporters : Le programme des « Meilleurs employeurs en Algérie » en est à sa troisième édition. Quel est le nombre d’entreprises participantes et quel en est le profil ?

Hamza Idrissi : Depuis son lancement en Algérie en 2015, le programme a certifié des entreprises opérant dans différents secteurs : pharmaceutiques (NOVO NORDISK, Roches, Bayer)… mais aussi des télécommunications (Ooredoo, Ericsson) et dans l’énergie (Total), la communication et les services. Nous avons chaque année un pool de participants qui dépasse les 15 entreprises, mais nous primons uniquement les entreprises où le niveau d’engagement des collaborateurs est le plus élevé. Cette année encore, plus de 15 entreprises, tous secteurs confondus, participent au programme et la cérémonie de remise des trophées aura lieu le mois de février 2018.

Certes, l’initiative est toute jeune, mais jusque-là, les deux précédentes ont vu des multinationales, à travers leurs filiales locales, primées. Existe-t-il, selon vous, un potentiel auprès d’une entreprise qui soit 100% algérienne pour devenir le « Meilleur employeur » ?
A l’instar des autres pays, la dynamique est bien partie en Algérie. Malgré la conjoncture économique difficile, les décideurs sont conscients qu’il est d’autant plus important de faire la différence et se distinguer par ses pratiques managériales et la capacité à créer un environnement où il fait bon travailler pour attirer et garder les meilleurs collaborateurs. Dans ce sens, nous collaborons aussi avec des entreprises 100% algériennes pour les accompagner dans la mise à niveau de leur pratique afin d’obtenir la certification.

A quel niveau pourrait se situer la nuance entre une entreprise purement algérienne et la filiale algérienne d’une multinationale ?
Pour le programme « Meilleur employeur en Algérie », il n’y a pas de différence entre une entreprise purement algérienne et une filiale d’une multinationale. L’essentiel, c’est la taille de l’entreprise qui doit compter un minimum de 15 salariés et elle doit être implantée en Algérie depuis au moins deux ans.

Ne craignez-vous pas de finir par conclure que pour être épanoui dans le travail, l’employé a intérêt à choisir une entreprise étrangère ?
Pas nécessairement, c’est le milieu du travail qui fait la différence ainsi que le leadership du management, pas la nature de l’entreprise elle-même. Il est certain que le programme des meilleurs employeurs en Algérie ou « Best Places To Work For in Algeria » offre une occasion de se distinguer pour les entreprises qui, très souvent, ont des pratiques RH innovantes et où les collaborateurs sont heureux d’y travailler.

Lorsqu’un employeur qui prend part à l’évaluation n’est pas considéré comme le meilleur, qu’est-ce qui lui est reproché ?
Nous avons une charte de confidentialité et des clauses que nous signons avec l’entreprise afin de garantir les conditions de confidentialité dans le cas où l’entreprise ne figure pas en tant que « Meilleur Employeur de l’année ». Aussi, le processus de sondage auprès des collaborateurs est entièrement confidentiel. Tous les questionnaires sont anonymes et une fois renseignés, les questionnaires sont enregistrés directement sur notre système d’information, qui effectue la collecte et l’analyse des données. Nous ne faisons pas des reproches, mais plus des recommandations aux entreprises sur la manière d’améliorer l’engagement des collaborateurs sur le moyen et le long termes. Nous disposons aussi de benchmarks que nous mettons à la disposition des entreprises pour connaître mieux leur positionnement par rapport à d’autres employeurs dans le même secteur d’activité.

En revanche, nous nous serions attendus à voir dans le palmarès des compagnies nationales à l’envergure internationale, comme la Sonatrach, Air Algérie… Selon vos critères d’évaluation, pensez-vous qu’elles peuvent prétendre au titre de « Meilleur employeur » ?
Les entreprises, de tous secteurs confondus, peuvent participer au programme et être certifiées « Meilleur Employeur en Algérie » de l’année. Le classement du programme se fait sur la base des résultats d’une enquête bidimensionnelle, neutre et objective menée auprès des différents niveaux hiérarchiques et couvrant une multitude de dimensions RH. Un questionnaire destiné à la Direction générale et/ou la Direction des ressources humaines et un questionnaire destiné aux collaborateurs. Les données sont croisées et la note du classement se fait sur une combinaison des résultats du questionnaire DG/DRH ainsi que celui des collaborateurs. De grandes entreprises telles que la Sonatrach et Air Algérie sont des employeurs importants et peuvent aussi se positionner et renforcer leur marque employeur sur un marché devenu concurrentiel. 

 Recueillis par samir tazaïrt