Reporters : Quelles sont les attentes de l’Unep par rapport au plan de relance et les mesures de sauvegarde des entreprises ?
Lakhdar Rekhroukh : Je pense que nos attentes ne sont pas tellement différentes des celles du patronat privé et des acteurs économiques. On a beaucoup parlé des problèmes de l’entreprise, comment libérer l’entreprise pour qu’elle puisse réaliser dans de bonnes conditions et qu’elle continue à investir. Tous les problèmes d’ordre bureaucratique et de législation ont été mis sur la table. Pour le BTP, on a parlé des problèmes de financement au cours des travaux de l’atelier de la Conférence nationale sur le plan de relance. Nous avons aussi valorisé les grandes décisions du Président de la République, notamment celle concernant la dépénalisation de l’acte de gestion. C’est une très bonne chose qui va soulager le secteur économique en entier. Cela ne concerne pas uniquement les gestionnaires publics, mais aussi les donneurs d’ordre, les banques publiques qui financent 80-90% des investissements en Algérie. Avec ce type de décision, la relance va être effective.

Quel a été l’impact de la Covid-19 sur Cosider dont le responsable de l’Unep est également le PDG de l’entreprise publique leader dans le secteur du BTP ?
Sur le manque à gagner et ce qu’on avait prévu de réaliser, sur le premier semestre, c’est 25% de chiffre d’affaires en moins et nous escomptons amortir cet effet d’ici la fin d’année en le ramenant à 12-15%. En matière de résultats, il y a eu des charges sans contrepartie de production, on estime la baisse autour de 22-23%. Cette situation de baisse du chiffre d’affaires touche l’ensemble du secteur public.

Les chantiers de Cosider ont-il repris?
Les chantiers ont été à l’arrêt durant une période dans certaines régions. La situation a été moindre dans d’autres. Maintenant, les chantiers ont repris. On est un peu gêné par le problème de transport. Cela concerne les petites et moyennes entreprises et pas les grandes entreprises. Ces dernières assurent le transport. Cela n’a pas repris comme on l’aurait voulu, avec ces problèmes de transport et les différentes mesures sanitaires.

Qu’en est-il du problème de paiement des situations de travaux ?
Après plusieurs réunions à la suite de la crise sanitaire, les pouvoirs publics ont soulagé les entreprises concernant le paiement des créances liées aux situations de travaux. Concernant la santé de l’entreprise, ce n’est pas comme on aurait voulu. Il y a eu cette crise, il y a eu un impact. Ce qui pose problème, ce sont les perspectives au cours des prochaines années, le manque de commandes. La diversification des activités de Cosider est cependant en cours. On fait notamment de l’agriculture.