En marge des travaux du colloque international sur la sécurité alimentaire et le développement durable en milieu semi-aride, qui se tient les 8, 9 et 10 décembre à Sétif, le professeur Djellouli Tabet Yamna, de l’université Le Mans, en France, chercheur dans un laboratoire du CNRS, biologiste de formation et spécialiste en écologie et environnement géographique, a accordé à «Reporters» un entretien sur le réchauffement climatique, sachant que la 24e édition de la conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) se déroule actuellement à Katowice, en Pologne.

Reporters : Le sujet du réchauffement climatique fait toujours l’actualité dans le monde. Qu’en pensez-vous, sachant que la COP 24 se tient actuellement en Pologne ?
Djellouli Tabet Yamna : C’est une thématique mondiale qui intéresse tout le monde et, aujourd’hui, il y a plusieurs COP. En ce moment, il y a la COP 24, qui se déroule en Pologne. Il y a trois ans, j’ai participé au COP 21 qui s’est tenue à Paris, en France, puisque je suis partie prenante et spécialisée sur le climat depuis longtemps. Cette thématique est extrêmement importante et il faut absolument la prendre en charge par tous les Etats. Vous savez ce qui se passe actuellement en France, ce qu’on appelle la manifestation des gilets jaunes, cela a commencé à cause des problèmes sur les énergies fossiles. Le prix et le coût sont de plus en plus importants, sachant que les Etats demandent aussi à ce qu’il y ait une taxe carburant, une taxe qui serait payée par chacun de la population, et aussi l’augmentation du gasoil et de l’essence. Aussi, la France essaye de limiter le trafic (circulation) en utilisant la voiture, puisqu’il y a des travaux scientifiques qui ont été réalisés aujourd’hui, dont les résultats montrent que l’homme est l’une des causes au moins de 50%.

Expliquez-nous comment l’homme cause 50% du réchauffement climatique ?

D’après des experts du groupe intergouvernemental pour le climat, la circulation automobile, entre autres, mais aussi les autres activités de l’homme, à l’instar de l’agriculture, l’élevage, contribuent pour 50% au réchauffement de la planète. On est obligé de limiter cette augmentation de la température. On est obligé de faire des actions, c’est-à-dire que chaque personne à travers le monde doit faire des efforts. On peut, par exemple, au lieu de prendre la voiture, prendre un moyen de transport en commun (tramway). Comme ici à Sétif, c’est extraordinaire, au lieu d’avoir 100 voitures qui viennent de Tandja jusqu’à l’université de Sétif1, vous avez 100 personnes qui viennent directement par le tramway, cela va jouer sur la qualité de l’air. Par ailleurs, les autres 50 % sont des problèmes physiques, gaz à effet de serre, l’industrie.

Quelles sont les solutions que vous préposez pour limiter le réchauffement climatique ?

D’abord, les solutions sont politiques dans toute la planète. Tous les Etats doivent encourager une diminution des gaz à effet de serre. Aujourd’hui, on dit que selon le Groupe intergouvernemental pour le climat, qui s’est réuni le mois dernier, les résultats montrent une augmentation de 1,5 degré, dans très peu de temps, c’est-à-dire en 2030. Aussi, il faut multiplier les campagnes de sensibilisation. On doit donner cette culture aux enfants dès la crèche, les écoles, collèges, lycées et universités pour protéger l’environnement.

Quelle est la relation entre le réchauffement climatique et la sécurité alimentaire ?

Alors, la relation entre le réchauffement climatique et la sécurité alimentaire, c’est tout simplement les forêts et l’agriculture qui sont tributaires de tous les paramètres climatiques. S’il n’y a pas de pluie, vous n’aurez pas de production ni de productivité agricole. Ainsi, si la température est très forte, vous allez avoir une partie de l’élevage et de l’espèce qui ne va pas se développer normalement. Nous devons préserver le peu de forêt que nous avons. Quand il fait très chaud, parfois on a des incendies, donc on perd des hectares… mais ça, ce n’est pas uniquement en Algérie, mais au niveau de toute la région méditerranéenne. Vous avez vu dernièrement, aux Etats-Unis, en Australie… il y a des incendies naturels qui sont dus au réchauffement climatique. Même chose pour une espèce vivante, la température très élevée va nous donner un rendement faible.