Propos recueillis par MILINA KOUACI
Reporters : Les épreuves du bac se poursuivent pour le 4e jour. Quelles sont vos appréciations par rapport à l’organisation et aux conditions du déroulement de cet examen ?
Boualem Amoura : Il y a des lacunes dans certains centres d’examen que nous soulevons, malheureusement, chaque année. Il faut remédier à ces problèmes pour permettre aux candidats et au personnel encadrant de travailler dans les meilleures conditions. Je cite, à titre d’exemple, les centres d’examen qui ne sont pas dotés d’équipements de climatisation, et pas uniquement dans le Sud, mais aussi dans les autres régions qui connaissent de fortes chaleurs. Nous avons également un problème de qualité des repas servis dans les centres qui n’ont pas de cantine scolaire. Le ministère a annoncé l’augmentation du coût du repas scolaire durant les épreuves du bac et du BEM, mais cela n’a pas été le cas. On a servi des boîtes repas d’une valeur de 200 DA. Ajoutons les coupures internet qui demeurent un point noir. Je me demande jusqu’à quand les pouvoirs publics vont continuer à priver les abonnées d’internet à chaque épreuve du bac ? Il faut penser à corriger ces défaillances et les éviter à partir de l’année prochaine.

Le ministre a annoncé la révision du coefficient du BEM et la réorganisation du bac en temps opportun…
Le ministre a dit que ce n’était pas le moment opportun pour la réorganisation du bac. Nous avons tardé, c’est le moment d’ouvrir ce dossier. Nous avons discuté durant l’année scolaire 2015/2016 avec le ministère de tutelle de la réorganisation du bac pour parvenir à une école publique de qualité. Le dossier est ficelé avec des propositions et dispositions qui auraient dû être appliquées, mais le projet est enterré. Nous avons toujours exigé la refonte de l’enseignement secondaire notamment, la réorganisation du bac. Ce n’est pas normal de soumettre des adolescents à un stress quotidien de cinq jours. Nous sommes pour une refonte radicale du système éducatif.

Quid des sujets d’examen ?
D’abord, il faut que la tutelle revoie la conception des sujets. Les candidats ont droit depuis la session de 2008 à deux sujets au choix dans chaque matière, avec l’ajout d’une demi-heure dans le temps de réponse, en sus du temps règlementaire. En 2008, nous avons conçu des sujets pour répondre à une situation nouvelle qui est l’introduction de l’enseignement par «l’approche par compétence». Ce qui était une exception est devenu la règle. Il faut revoir la conception de sujets.

Mais d’après le ministre, la crédibilité du bac est préservée…
Le diplôme du bac a perdu sa valeur avec des pratiques populistes comme la révision de la moyenne d’admission à 9,50. Le Satef est contre la médiocrité et nous avons exprimé l’année passée notre rejet de la décision de revoir à la baisse les moyens d’accès aux niveaux supérieurs. Ce que nous revendiquons, actuellement, est de réorganiser le bac et de réduire la durée de cet examen pour diminuer la pression sur les élèves. Les candidats ont éprouvé lundi des difficultés parce que les sujets de mathématiques ne contenaient pas de questions directes auxquelles on les a habitués. L’école n’apprend pas à faire appel au raisonnement et à l’intelligence. J’insiste, c’est le moment de revoir tous les examens ainsi que la conception des sujets.

La moyenne pondérée est reconduite pour la deuxième année consécutive. Des voix se sont élevées l’année passée pour la supprimer. Qu’en pense le Satef ?
C’est une décision que nous soutenons. Il faut arrêter la médiocrité et aller vers une université de qualité. Nous avons fait une étude et déduit qu’un élève de la filière scientifique n’a pas le profil d’un scientifique. La somme des matières non essentielles dépasse celle des matières essentielles.
Des cas de fraude et de condamnations ont été enregistrés depuis le début du bac, malgré la main de fer de la justice…
Le phénomène a reculé suite aux mesures de dissuasion et seulement quelques cas de triche ont été signalés dans quelques wilayas. En parallèle à la répression, il faut recourir à des méthodes pédagogiques et éducatives pour éradiquer ce phénomène.