Pour se positionner en Afrique comme un acteur incontournable du digital, les entreprises algériennes sont appelées à multiplier les connexions avec les autres pays africains. Grâce au Sommet africain du digital et à la diplomatie algérienne, aujourd’hui il est plus concret de faire des affaires et de trouver des solutions communes. Anis Ababsia
nous explique pourquoi ces rencontres peuvent débloquer certains mécanismes.


Entretien réalisé par Faten Hayed
Reporters : Le Digital African Summit est un véritable défi pour les entreprises algériennes et une occasion de se positionner en Afrique ?
Anis Ababsia : En tant qu’acteurs du numérique, nous avons été isolés par rapport à nos collègues, qui sont dans une démarche d’échanges. Nous devons créer des échanges avec nos frères africains avec lesquels nous partageons de nombreux intérêts communs. Le but étant de dialoguer et de trouver des solutions. Et, d’autre part, de créer du business pour les acteurs locaux qui vont découvrir de nouveaux partenaires et fournisseurs à travers tout le continent.

Sur quelles bases ont été sélectionnées les entreprises africaines qui participent au Sommet ?
Nous avons été soutenus par le canal diplomatique algérien qui s’étale sur l’ensemble du continent. Il a été d’une grande aide pour relayer l’appel à participation des entreprises africaines. Aussi, nous avons eu des demandes d’acteurs activant dans le numérique et des entreprises désireuses de s’inscrire à partir des pays africains. Nous avons lancé une forte communication sur notre site et nos réseaux sociaux pour que l’événement soit visible par tous. Notamment par les médias africains. Notre communication était multilingue afin de cibler les acteurs intéressés et les experts.

Cette rencontre panafricaine deviendra-t-elle une référence pour le continent ?
Nous y travaillons ! En organisant cet événement, nous nous sommes rendu compte que nous sommes isolés, si on prend en compte les différents événements sur le continent. Certains nous ont dit qu’ils nous reconnaissaient en tant qu’acteur de l’écosystème du numérique, mais qu’ils ignoraient ce qui se passait en Algérie, sur le plan du business, contrairement à d’autres pays voisins. Il faut reconnaître qu’ils ont été séduits par l’initiative, la curiosité de découvrir notre pays à travers ses compétences. Par ailleurs, il y a des personnalités qui nous disent qu’ils n’ont pas entendu parler de l’événement ou alors un peu tard, autrement ils nous auraient mis en relation avec d’autres acteurs influents.

Il est donc bénéfique de participer aux autres événements africains qui réunissent entreprises et experts ?
Absolument. D’ailleurs, nous avions une délégation qui devait se rendre à Abidjan en Côte d’Ivoire pour participer au Sitic Africa, un événement qui a été décalé et les nouvelles dates coïncident avec notre événement, ce qui nous a empêché de nous y rendre. Nous sommes parfaitement conscients que ce sont ces multiples échanges qui feront prospérer les activités commerciales. L’évolution naturelle du marché algérien doit se faire vers l’Afrique. Car le marché européen est difficile à pénétrer et complexe et nous aurons plus d’avantages avec le marché africain. Ceci entre dans le cadre du développement de la diplomatie économique, car c’est bien d’entretenir des relations fraternelles avec nos voisins et c’est encore mieux de développer des relations d’affaires prospères pour tous !