Propos recueillis par MILINA KOUACI
Reporters : Les épreuves du BEM ont pris fin hier. Quelle est votre appréciation sur le déroulement de la session 2022 ?
Abdelouhab Lamri Zegar : Les épreuves se sont déroulées dans des conditions normales. Aucun dépassement ou fuite pouvant entacher cette session n’ont été signalés. Mis à part les fortes chaleurs dans le Sud qui pourraient toucher au principe d’égalité de chance. Certains centres d’examens avaient des équipements de climatisation en panne, selon le constat des enseignants. La tutelle doit agir pour éviter que ce problème ne se reproduise dans les centres de correction ou dans les centres d’examens du Bac. La tutelle est tenue de doter les centres d’examens et de corrections de moyens matériels adéquats pour un bon déroulement et une meilleure organisation des examens de fin de cycle.

Qu’en est-il des sujets d’examen ?
Ils étaient abordables selon le témoignage des candidats. Aucun sujet n’a contenu d’erreurs ou comporté des questions en dehors des cours dispensés en classe. Les sujets étaient globalement à la portée de l’élève moyen.

A quoi renvoyez-vous la régression du phénomène de la triche ou de la fuite de sujets dans les examens nationaux ?
L’introduction dans le code pénal des articles criminalisant l’acte de fraude et la sensibilisation sont des facteurs parmi tant d’autres. Il faut avouer que le ministère a mis en place une stratégie qui a porté ses fruits. Espérant que ces pratiques qui portent atteinte à la crédibilité des examens nationaux soient bannies.

Pensez-vous l’examen du Bac se déroulera de la même manière ?
Le ministère est dans l’obligation de mobiliser les moyens humains et matériels pour la réussite de cet événement national. La seule contrainte que nous redoutons est celle des fortes chaleurs dans le Sud. Il faut que le ministère trouve une solution à cette inquiétude des candidats, des parents et du personnel de l’Education. L’intérêt de l’élève doit être mis en priorité. Je propose d’adapter les rythmes scolaires et le calendrier de la rentrée aux conditions climatiques du Sud.

En marge du coup d’envoi du BEM, le ministre a fait des annonces liées aux examens nationaux…
Absolument. Nous avons appris via les médias que l’examen de 5eAP, qui sera rétabli à partir de l’année prochaine, est un examen inutile, 99% des candidats passent au cycle supérieur. Ce que nous demandons est d’être associés à la concertation avec les parents d’élèves car nous avons des propositions à faire sur ce sujet. Pour ce qui est du coefficient du BEM, le ministre a annoncé sa révision à la baisse pour éviter que les établissements scolaires ne gonflent les notes des élèves et qu’un fort taux d’échec soit enregistré en 1re AM et 1re AS. Une position que je ne partage pas avec la tutelle. Nous avons constamment appelé à la révision des programmes scolaires. Le décalage et le manque de cohésion entre les programmes des trois cycles d’enseignement est la raison de l’échec des élèves de 1re AM et de 1reAS. La solution est de réviser les programmes scolaires. <