Propos recueillis par MILINA KOUACI
Reporters : Les syndicats algériens de la Fonction publique ont appelé les travailleurs à adhérer à des actions de protestation, alors que d’autres se sont retirés de cette coalition. Pensez-vous que votre appel trouvera un écho parmi les travailleurs ?
Abdelouhab Lamri Zegar :
Certes, moins de syndicats ont signé le communiqué des syndicats de la Fonction publique, mais cela n’empêche pas d’autres travailleurs ou des organisations syndicales de rejoindre notre coalition, et ce, pour la simple raison que nous nous sommes mobilisés pour revendiquer l’amélioration du pouvoir d’achat et de relever la valeur du point indiciaire. Une revendication qui concerne tous les travailleurs des différents secteurs de la Fonction publique et non seulement ceux qui ont adhéré à notre mot d’ordre.

Les marchés enregistrent une baisse remarquable des prix des fruits et légumes. Une bouffée d’air pour les consommateurs…

Non, le pouvoir d’achat était en chute avant l’explosion des prix. La baisse des prix actuelle n’améliore pas la situation sociale des travailleurs et n’influence pas leur détermination à aller jusqu’au bout pour arracher leurs droits. Le pouvoir d’achat est en détérioration depuis dix années. Le gouvernement doit agir pour ne pas contraindre les travailleurs à radicaliser leurs actions.

Aucune action ne sera organisée avant la rentrée sociale ?
Effectivement. Nous avons décidé de temporiser jusqu’à la rentrée sociale. La dernière augmentation salariale était décevante pour tous les travailleurs. Lorsque nous avons annoncé une action de grève en réaction à l’infime augmentation salariale, le président de la République a annoncé des augmentations salariales dès janvier prochain et de revoir à la hausse les salaires et l’allocation chômage à partir de janvier 2023, après les résultats définitifs des recettes de l’exercice en cours. Cela signifie que le Président reconnaît à travers ses déclarations la légitimité de nos revendications et l’insuffisance des augmentations salariales induites par la révision du point indiciaire.

Vous plaidez pour l’avancement des délais de mise en œuvre de la prochaine augmentation salariale dès la rentrée sociale pour surseoir à toute action ?
Nous souhaitons assurer la stabilité du secteur de la Fonction publique à travers nos revendications. Les travailleurs ne peuvent pas tenir jusqu’à l’année prochaine. Nous demandons que la hausse salariale annoncée pour janvier prochain soit mise en œuvre d’ici la rentrée sociale pour pallier la baisse du pouvoir d’achat.