Le Syndicat des directeurs des écoles primaires se dit confiant quant aux préparatifs de la rentrée scolaire qui aura lieu demain et qui concerne un million de personnel et plus de 10 millions d’élèves.

PROPOS RECUEILLIS PAR MILINA KOUACI
Reporters : La rentrée scolaire approche à grands pas. Ce mercredi, les élèves rejoindront les bancs de l’école après de longs mois de vacances. Comment appréhendez-vous cette rentrée ?
Abdelkrim Gaïd : Nous sommes confiants vis-à-vis du ministère de l’Education qui n’a ménagé aucun effort pour réussir la rentrée scolaire. Dans le cycle primaire, il n’a ménagé aucun effort sur le plan pédagogique pour le bon déroulement de l’année scolaire. Nous avons des enseignants, des livres et des programmes. Le problème des écoles primaires cependant reste l’Assemblée populaire communale. Près de 95% des APC sont défaillantes et déficitaires. Elles peinent à assurer la prise en charge des dépenses liées à l’approvisionnement des écoles primaires et la gestion des cantines scolaires.

Le ministre a pourtant déclaré samedi dernier que les APC n’ont pas de problèmes de gestion des cantines avec les écoles primaires…
Je pense que le ministre est induit en erreur. Si une centaine d’APC prennent en charge convenablement les écoles primaires, ce n’est pas le cas pour des milliers d’autres établissements scolaires. Il suffit d’être sur le terrain pour constater toutes les défaillances et dysfonctionnements liés à la restauration et à l’équipement. Nous avons de grands problèmes.

Vous tenez donc à votre revendication de libérer les écoles primaires de la gestion par les APC ?
Absolument. Et j’aurais aimé que les écoles primaires soient soustraites aux Assemblées communales graduellement, en accordant par exemple un budget pour les écoles pour se procurer l’encre et l’eau potable sans devoir aller à l’APC. Et l’année suivante, on exonère l’Assemblée communale d’autres tâches jusqu’à la libération totale des écoles de leur gestion. 90 à 95 % de nos APC sont déficitaires. La solution est que les écoles soient libérées de la gestion des assemblées communales quelles que soient leurs capacités financières afin d’asseoir une équité scolaire et une égalité des chances entre apprenants.

Qu’en est-il de la dotation des écoles en tablettes numériques ?
Le ministère avait arrêté un calendrier pour la dotation de ces écoles sur une période s’étalant du 16 août au 9 septembre Cette opération tire à sa fin. Il ne reste que quelques écoles pour terminer cette opération. Les tablettes numériques sont un acquis, et un atout pour les écoles. Le ministère a commencé par 1 600 écoles et se généralisera graduellement à tous les établissements scolaires.

Que répondez-vous aux sceptiques de l’enseignement de l’anglais au primaire ?
L’introduction de l’anglais au primaire n’a pas été décidée du jour au lendemain. Le ministère avait installé l’année passée une commission qui travaillait sur ce dossier. Conséquence, nous avons un manuel, un programme et des enseignants. Cette langue sera enseignée dans toutes les écoles dès la rentrée scolaire.

Certains continuent à plaider pour le remplacement du français par l’anglais ?
L’anglais n’a pas été introduit pour concurrencer une autre langue étrangère ou officielle. C’est une valeur ajoutée. Ceux qui demandent que l’anglais se substitue au français, qui est un butin de guerre, n’ont pas compris quels étaient les objectifs de son introduction dans le cycle primaire. Aussi, des spécialistes de la linguistique et de la psychologie indiquent que les enfants ont une capacité d’apprentissage de trois à 4 langues étrangères simultanément.

Le ministère de l’Education a annoncé de nouvelles mesures pour l’allègement du poids du cartable scolaire des élèves du cycle primaire. Les APC ont été appelées à doter les écoles de tiroirs ou de casiers, où de prévoir des rangements pour les manuels des élèves. M. Belabed a toutefois indiqué qu’il y a un problème d’espace…
Ce ne sont pas toutes les APC qui ont équipé les écoles de tiroirs, mais cela ne pourrait nullement constituer un problème pour l’allègement du cartable car toutes les écoles disposent d’armoires scolaires, où on pourra mettre les livres en attendant que les assemblées communales accomplissent le travail.
Le ministère de l’Education a annoncé la prolongation de l’étude du statut particulier. Le Snadep a exprimé des réserves par rapport au nouveau texte de loi. Avez-vous déposé une demande de réunion pour défendre les droits des directeurs des écoles primaires ?
Absolument. Et je pense que ce sont tous les syndicats qui ont introduit une demande pour faire valoir leurs revendications. On espère qu’on aura l’occasion de se concerter et de débattre parce que les premières séances étaient des séances d’audience et non de débat, d’échange ou de concertation.